L’appel de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pour la libération immédiate des trois adolescents israéliens enlevés ouvre une lucarne pour un rapprochement israélo-palestinien, a déclaré le président élu Reuven Rivlin mercredi, appelant à « une communication directe » entre Jérusalem et à Ramallah pour promouvoir une meilleure compréhension des positions de chacun.

N’allant pas jusqu’à soutenir un accord de paix, Rivlin – qui avait clairement déclaré au Times of Israel le mois dernier qu’il ne prônait pas la création d’un Etat palestinien – exhorte à une coexistence judéo-arabe, exprimant l’espoir « d’une sorte d’entente ».

« Je perçois son appel comme une opportunité de rétablir la confiance entre Israël et l’Autorité palestinienne, si cela devait jamais se produire », a déclaré Rivlin au sujet d’Abbas sur le discours d’Abbas du 18 juin en Arabie saoudite. S’exprimant en anglais devant des journalistes juifs du monde entier à Jérusalem, le nouveau président a ajouté : « Nous affirmons toujours que nous avons besoin de preuves de confiance, et là, je suppose que les paroles [d’Abbas] pourraient amener à créer une sorte de confiance entre les deux peuples ».

Rivlin a affirmé être au courant que d’autres dirigeants palestiniens ont par la suite demandé si Gil-ad Shaar, Eyal Yifrach et Naftali Frankel avaient vraiment été enlevés. « Néanmoins », a déclaré Rivlin sur le discours d’Abbas, « je crois qu’il a une réelle signification. »

Si le Premier ministre Benjamin Netanyahu a d’abord réagi froidement à la déclaration d’Abbas, cette semaine, il a déclaré à plusieurs reprises qu’elle était importante et bienvenue. Pourtant, a-t-il ajouté, si Abbas était vraiment opposé au terrorisme et intéressé par la paix avec Israël, il démantèlerait son gouvernement d’union avec le Hamas.

Bâtir la confiance entre les peuples israélien et palestinien, et pas seulement entre leurs dirigeants, est essentiel, a déclaré Rivlin mercredi, dans son premier discours public tenu en anglais depuis son élection le 10 juin.

« Si nous voulons mettre un terme à cette tragédie qu’est le conflit israélo-palestinien, une telle confiance exige une communication constante et une compréhension mutuelle afin de combler le fossé qui depuis des décennies – plus de 150 ans – semble insurmontable ».

Évitant toute référence à l’arrêt du processus de paix ou à des politiques israéliennes concrètes vis-à-vis des Palestiniens, Rivlin confie que les Juifs et les Arabes doivent comprendre qu’ils sont destinés à coexister sur ce morceau de terre. « Nous ne pouvons pas vivre sans être convaincus que nous pouvons arriver à une sorte d’entente. Quoi qu’il en soit, nous partageons la même région géographique. Nous respirons le même air, nous buvons la même eau. »

Rivlin, qui succèdera au président Shimon Peres en juillet, a affirmé avoir a rencontré Abbas à plusieurs reprises et annonce qu’il le fera de nouveau après avoir prêté serment en tant que président. Si les deux hommes ont « de nombreuses différences d’opinion » qui apparaissent impossibles à surmonter, c’est leur « devoir de le faire, de trouver un moyen pour du moins comprendre la position de l’autre partie », a déclaré le président élu. Lui et Abbas comprennent à quel point une « communication directe » est vitale au Moyen-Orient.

S’exprimant lors de la séance de clôture du Sommet des médias juifs de la capitale, Rivlin a également abordé ses déclarations controversées sur le judaïsme réformé.

« Je ne rejetterais jamais personne en fonction de sa vision du monde et je me battrais pour son droit à l’expression, » a-t-il assuré. « Même en tant que président élu, je défends mon droit de choisir ma propre foi, pourtant je tiens à ce que la maison présidentielle soit ouverte à tout individu qui souhaite engager un dialogue avec moi, juif – de toute mouvance religieuse – arabe, résident israélien ou étranger, riche ou pauvre, nouvel immigrant ou vétéran ».

En 1989, après avoir visité une synagogue réformiste, Rivlin s’était dit surpris de la différence des services religieux. « C’est de l’idolâtrie, non du judaïsme », avait-il affirmé dans une interview à la presse à l’époque.

« Jusqu’à présent, je pensais que le réformisme était un courant du judaïsme, mais après avoir visité deux de leurs synagogues, je suis convaincu qu’il s’agit d’une toute nouvelle religion sans aucun lien avec le judaïsme ».