Dans une critique acerbe des autres politiciens de la droite israélienne, le président Reuven Rivlin a déclaré mardi que retirer aux Arabes israéliens leur citoyenneté – une idée avancée par le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman – était à la fois irréaliste et immoral.

« Il y a une crise à droite », a déclaré Rivlin, qui fut président de la Knesset et ministre du Likud, devant la conférence sur la démocratie organisée à Tel-Aviv par le journal Haaretz. « Elle voit un État juif et démocratique, comme une démocratie pour les Juifs. C’est quelque chose que je ne peux pas tolérer. »

Rivlin, qui a consacré beaucoup de son temps depuis son élection en juillet dernier à réduire le fossé entre Juifs et Arabes en Israël, a mis l’accent sur un problème majeur pour la politique israélienne. Aujourd’hui, a-t-il dit, le système politique est guidé par l’opinion et des agences de relations publiques plutôt que par un leadership solide.

« Cette crise risque de conduire à de nouvelles élections dans un an ou un an et demi », a-t-il regretté.

Rivlin a fait allusion à la proposition de Liberman – céder des territoires d’Israël majoritairement arabes à un futur Etat palestinien – en disant qu’une telle idée était irréalisable puisque Juifs et Arabes étaient voués à partager le pays.

« Même si la droite dit que Um Al-Fahm devait être en dehors d’Israël, c’est impossible », a dit Rivlin.

En tant que majorité démographique dans l’État, les Juifs doivent prendre l’initiative de prouver qu’Israël peut être à la fois juif et démocratique.

« Nous pouvons établir un État juif et démocratique, mais la charge de la preuve nous incombe. Nous ne pouvons pas dire, ‘Ce sont nos ennemis, qu’est-ce que nous leur devons ?’  »

Dans la même veine, Rivlin a déclaré que la nouvelle ville palestinienne de Rawabi avait un « intérêt israélien et sioniste clair ». Selon lui, La réticence d’Israël à relier la ville au réseau d’eau a été une grave erreur.

« Nous devrions leur donner immédiatement l’eau. Ne fournissons-nous pas de l’eau aux implantations ? » a-t-il demandé, en félicitant Haaretz pour un éditorial publié mardi sur le sujet.

Faisant référence aux sondages montrant l’Union sioniste et le Likud au coude à coude avant les élections de mars, Rivlin a déclaré que la tâche de former le gouvernement incombera au leader politique le plus en mesure de former une coalition, pas nécessairement au plus grand parti.

« Je ne vais permettre à aucun parti de se soustraire à la question de leur candidat pour le poste de Premier ministre », a-t-il affirmé, contredisant l’affirmation contraire de la semaine dernière du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« C’est l’ABC de la tradition constitutionnelle d’Israël, et il n’y aura pas de surprises, même si j’ai l’habitude de surprendre. »