Rivlin : les Arabes sont une part indissociable d’Israël
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Rivlin : les Arabes sont une part indissociable d’Israël

Le président critique Liberman et estime que c'est aux Juifs israéliens de prouver que le pays peut être juif et démocratique

Elhanan Miller est notre journaliste spécialiste des affaires arabes

Rencontre entre le président Reuven Rivlin et les dirigeants arabes le 5 février 2015 à la résidence présidentielle (Crédit : MARK NEYMAN/GPO)
Rencontre entre le président Reuven Rivlin et les dirigeants arabes le 5 février 2015 à la résidence présidentielle (Crédit : MARK NEYMAN/GPO)

Dans une critique acerbe des autres politiciens de la droite israélienne, le président Reuven Rivlin a déclaré mardi que retirer aux Arabes israéliens leur citoyenneté – une idée avancée par le ministre des Affaires étrangères Avigdor Liberman – était à la fois irréaliste et immoral.

« Il y a une crise à droite », a déclaré Rivlin, qui fut président de la Knesset et ministre du Likud, devant la conférence sur la démocratie organisée à Tel-Aviv par le journal Haaretz. « Elle voit un État juif et démocratique, comme une démocratie pour les Juifs. C’est quelque chose que je ne peux pas tolérer. »

Rivlin, qui a consacré beaucoup de son temps depuis son élection en juillet dernier à réduire le fossé entre Juifs et Arabes en Israël, a mis l’accent sur un problème majeur pour la politique israélienne. Aujourd’hui, a-t-il dit, le système politique est guidé par l’opinion et des agences de relations publiques plutôt que par un leadership solide.

« Cette crise risque de conduire à de nouvelles élections dans un an ou un an et demi », a-t-il regretté.

Rivlin a fait allusion à la proposition de Liberman – céder des territoires d’Israël majoritairement arabes à un futur Etat palestinien – en disant qu’une telle idée était irréalisable puisque Juifs et Arabes étaient voués à partager le pays.

« Même si la droite dit que Um Al-Fahm devait être en dehors d’Israël, c’est impossible », a dit Rivlin.

En tant que majorité démographique dans l’État, les Juifs doivent prendre l’initiative de prouver qu’Israël peut être à la fois juif et démocratique.

« Nous pouvons établir un État juif et démocratique, mais la charge de la preuve nous incombe. Nous ne pouvons pas dire, ‘Ce sont nos ennemis, qu’est-ce que nous leur devons ?’  »

Dans la même veine, Rivlin a déclaré que la nouvelle ville palestinienne de Rawabi avait un « intérêt israélien et sioniste clair ». Selon lui, La réticence d’Israël à relier la ville au réseau d’eau a été une grave erreur.

« Nous devrions leur donner immédiatement l’eau. Ne fournissons-nous pas de l’eau aux implantations ? » a-t-il demandé, en félicitant Haaretz pour un éditorial publié mardi sur le sujet.

Faisant référence aux sondages montrant l’Union sioniste et le Likud au coude à coude avant les élections de mars, Rivlin a déclaré que la tâche de former le gouvernement incombera au leader politique le plus en mesure de former une coalition, pas nécessairement au plus grand parti.

« Je ne vais permettre à aucun parti de se soustraire à la question de leur candidat pour le poste de Premier ministre », a-t-il affirmé, contredisant l’affirmation contraire de la semaine dernière du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

« C’est l’ABC de la tradition constitutionnelle d’Israël, et il n’y aura pas de surprises, même si j’ai l’habitude de surprendre. »

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