Dans son discours d’ouverture de la session d’hiver de le Knesset, le président Reuven Rivlin a prononcé lundi un plaidoyer passionné pour défendre le système juridique et les médias contre ce qu’il appelle un « coup d’État » de la part du gouvernement, qui tente de les affaiblir.

« La Knesset représente le souverain, le peuple d’Israël, l’ensemble du peuple d’Israël. Ici, nous devons nous souvenir que nous devons en être à la hauteur. Nous sommes au service et nous représentons ce merveilleux peuple », a-t-il dit.

Condamnant le pouvoir et ses tentatives « d’affaiblissement de la Cour suprême » et « de réduire au silence les médias libres », Rivlin a établi un parallèle avec la « révolution juridique » d’Aharon Barak en 1996.

« Il y a une dizaine d’années, je me suis tenu devant l’un des géants du droit israélien, Aharon Barak, et je l’ai prévenu que l’annonce d’une révolution constitutionnelle était en réalité l’annoncé d’un coup d’État. Je lui avais dit à l’époque dans ces termes toute définition qui modifie l’équilibre [des branches du gouvernement], tout acte qui exprime ou qui symbolise seulement le fait d’empiéter sur les plates-bandes d’une autre branche génère une « démocratie chaotique », un chaos dangereux et systématique », a déclaré Rivlin.

« Aujourd’hui, près de 30 ans après l’annonce de cette « révolution constitutionnelle », j’aimerais montrer du doigt ce que je pense être le contre-mouvement du pendule de l’Histoire, ce qui semble être une décision de la part de la hiérarchie destinée à perturber l’équilibre », a-t-il ajouté.

Il a appelé les députés à mettre fin « à ce qui ressemble à une tentative d’affaiblir les garde-corps de la démocratie israélienne ».