Rivlin soutient l’annexion de la Cisjordanie assortie de la citoyenneté pour les Palestiniens
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Rivlin soutient l’annexion de la Cisjordanie assortie de la citoyenneté pour les Palestiniens

Le président affirme que la loi de Régulation ne devrait pas être appliquée, à moins qu’Israël n’étende sa souveraineté sur toute la Cisjordanie

Marissa Newman est la correspondante politique du Times of Israël

Le président Reuven Rivlin montre son acte de propriété en arabe, établi à Ramallah, d'un terrain qu'il a acheté il y a 40 ans en Cisjordanie, pendant une conférence à Jérusalem, le 13 février 2017. (Crédit : Israel Bardugo)
Le président Reuven Rivlin montre son acte de propriété en arabe, établi à Ramallah, d'un terrain qu'il a acheté il y a 40 ans en Cisjordanie, pendant une conférence à Jérusalem, le 13 février 2017. (Crédit : Israel Bardugo)

Le président Reuven Rivlin a apporté lundi un soutien prudent à l’annexion de toute la Cisjordanie, soulignant que si Israël devait appliquer sa souveraineté à la région, il devrait accorder la citoyenneté israélienne aux Palestiniens qui y vivent.

Pendant la conférence pro-implantation de B’Sheva, à Jérusalem, le président a également critiqué la loi de légalisation des avant-postes, qui régularise des milliers de logements juifs construits sur des terrains palestiniens privés en Cisjordanie.

D’autre part, et quelques semaines après le démantèlement de l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, ordonné par la Cour car construit sur des terrains palestiniens privés, le président a fièrement présenté des documents personnels montrant qu’il avait acheté à un Palestinien il y a 40 ans un terrain où se dresse à présent la communauté de Har Shmuel, en bordure de Jérusalem.

Ancien député du Likud et soutien farouche des implantations, Rivlin a cité le député du Likud Benny Begin, qui rejette la notion de blocs d’implantations. Toutes les implantations de Cisjordanie sont des « blocs », a-t-il déclaré.

Benny Begin, député du Likud, se rend à une réunion de son parti à la Knesset, le 23 mai 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Benny Begin, député du Likud, se rend à une réunion de son parti à la Knesset, le 23 mai 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Moi, Rubi Rivlin, je pense que Sion est entièrement à nous. Je pense que la souveraineté de l’Etat d’Israël doit être dans tous les blocs », a-t-il ajouté, soulignant qu’il faisait référence à toute la Cisjordanie.

Le président a cependant maintenu que l’annexion devait être conditionnée à la citoyenneté totale.

« Appliquer la souveraineté à une zone donne la citoyenneté à ceux qui y vivent, a-t-il dit à plusieurs reprises. Il n’y a pas de loi [différente] pour les Israéliens et pour les non Israéliens. »

« Cela doit être clair : si nous étendons la souveraineté, la loi doit s’appliquer de la même manière à tous », a déclaré le président.

La veille, le président avait été cité exprimant ses préoccupations sur le fait qu’une annexion unilatérale qui enfreindrait les droits des Palestiniens puisse être équivalente à un apartheid.

La loi de Régulation, que le président a fustigée pendant son discours, a été adoptée la semaine dernière par la Knesset. La mesure, qui autorise les constructions illégales en Cisjordanie, devrait être annulée par la Haute cour de Justice, et a été sévèrement critiquée par la communauté internationale.

Israël ne doit pas appliquer sa loi à une zone où il n’est pas souverain, a-t-il prévenu, mais plutôt décider s’il veut ou non annexer le territoire.

« Le sujet de l’expropriation de terrain doit être une loi [promulguée] par la [puissance] souveraine, a déclaré le président, correcte et égale pour tous les citoyens, et pas une loi extraterritoriale qui est appliquée au besoin. »

« Le droit international s’applique à nous aussi », a-t-il ajouté.

Rivlin a également fièrement fait référence à une bataille juridique qui a duré 11 ans, il y a une quarantaine d’années, quand il a acheté un terrain situé à l’est de la Ligne verte à un propriétaire palestinien. Au final, le vendeur a affirmé que Rivlin n’avait jamais payé le terrain, a-t-il raconté.

Rivlin s’est ensuite présenté devant le tribunal de Ramallah et a prouvé son argument avec succès, a-t-il dit. Il a ensuite reçu une reconnaissance officielle, quand le terrain a été enregistré dans le fichier palestinien. Appelant son conseiller, le président a ensuite brandi les documents originaux en arabe sous les applaudissements du public.

« Moi, l’ashkénaze, je suis enregistré à Ramallah », a-t-il déclaré.

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