Le président Reuven Rivlin a apporté lundi un soutien prudent à l’annexion de toute la Cisjordanie, soulignant que si Israël devait appliquer sa souveraineté à la région, il devrait accorder la citoyenneté israélienne aux Palestiniens qui y vivent.

Pendant la conférence pro-implantation de B’Sheva, à Jérusalem, le président a également critiqué la loi de légalisation des avant-postes, qui régularise des milliers de logements juifs construits sur des terrains palestiniens privés en Cisjordanie.

D’autre part, et quelques semaines après le démantèlement de l’avant-poste d’Amona, en Cisjordanie, ordonné par la Cour car construit sur des terrains palestiniens privés, le président a fièrement présenté des documents personnels montrant qu’il avait acheté à un Palestinien il y a 40 ans un terrain où se dresse à présent la communauté de Har Shmuel, en bordure de Jérusalem.

Ancien député du Likud et soutien farouche des implantations, Rivlin a cité le député du Likud Benny Begin, qui rejette la notion de blocs d’implantations. Toutes les implantations de Cisjordanie sont des « blocs », a-t-il déclaré.

Benny Begin, député du Likud, se rend à une réunion de son parti à la Knesset, le 23 mai 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Benny Begin, député du Likud, se rend à une réunion de son parti à la Knesset, le 23 mai 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Moi, Rubi Rivlin, je pense que Sion est entièrement à nous. Je pense que la souveraineté de l’Etat d’Israël doit être dans tous les blocs », a-t-il ajouté, soulignant qu’il faisait référence à toute la Cisjordanie.

Le président a cependant maintenu que l’annexion devait être conditionnée à la citoyenneté totale.

« Appliquer la souveraineté à une zone donne la citoyenneté à ceux qui y vivent, a-t-il dit à plusieurs reprises. Il n’y a pas de loi [différente] pour les Israéliens et pour les non Israéliens. »

« Cela doit être clair : si nous étendons la souveraineté, la loi doit s’appliquer de la même manière à tous », a déclaré le président.

La veille, le président avait été cité exprimant ses préoccupations sur le fait qu’une annexion unilatérale qui enfreindrait les droits des Palestiniens puisse être équivalente à un apartheid.

La loi de Régulation, que le président a fustigée pendant son discours, a été adoptée la semaine dernière par la Knesset. La mesure, qui autorise les constructions illégales en Cisjordanie, devrait être annulée par la Haute cour de Justice, et a été sévèrement critiquée par la communauté internationale.

Israël ne doit pas appliquer sa loi à une zone où il n’est pas souverain, a-t-il prévenu, mais plutôt décider s’il veut ou non annexer le territoire.

« Le sujet de l’expropriation de terrain doit être une loi [promulguée] par la [puissance] souveraine, a déclaré le président, correcte et égale pour tous les citoyens, et pas une loi extraterritoriale qui est appliquée au besoin. »

« Le droit international s’applique à nous aussi », a-t-il ajouté.

Rivlin a également fièrement fait référence à une bataille juridique qui a duré 11 ans, il y a une quarantaine d’années, quand il a acheté un terrain situé à l’est de la Ligne verte à un propriétaire palestinien. Au final, le vendeur a affirmé que Rivlin n’avait jamais payé le terrain, a-t-il raconté.

Rivlin s’est ensuite présenté devant le tribunal de Ramallah et a prouvé son argument avec succès, a-t-il dit. Il a ensuite reçu une reconnaissance officielle, quand le terrain a été enregistré dans le fichier palestinien. Appelant son conseiller, le président a ensuite brandi les documents originaux en arabe sous les applaudissements du public.

« Moi, l’ashkénaze, je suis enregistré à Ramallah », a-t-il déclaré.