Gilad Erdan, le ministre de la Sécurité nationale a déclaré que la police ne retrouve pas le député Basel Ghattas, suspecté d’avoir fourni des téléphones portables à des détenus. « Il semble s’être envolé, lui et ses assistants ont éteint leurs téléphones », a déclaré Erdan à la Deuxième chaîne.

Mais Erdan a assuré que la police dispose de moyens pour les retrouver.

Dimanche, Ghattas a refusé de se soumettre à un interrogatoire par la police en vertu de son immunité parlementaire.

« Non, nous ne nous cachons pas, c’est faux », a rétorqué le porte-parole du député, Khaled Titi, dans un communiqué lundi. « Nous sommes en contact avec la police depuis ce matin pour coordonner un temps.

Le porte-parole du député affirme qu’il « sera présent pour l’interrogatoire, » qui aurait lieu mardi matin selon la Deuxième chaîne.

La chaîne d’information affirme que la police a des images de surveillance soutenant des allégations selon lesquelles Ghattas a transmis 15 téléphones cellulaires et plusieurs cartes SIM aux détenus purgeant des peines pour des infractions à la sécurité nationale dans la prison de Ketziot à l’extérieur de Beer Sheva.

Le président Reuven Rivlin a déclaré lundi que si les accusations contre le député de Balad Basel Ghattas, qui aurait transmis des téléphones à des détenus dans une prison palestinienne, sont avérées, il devrait perdre son immunité parlementaire et être sévèrement puni.

« L’abus cynique des libertés accordées aux députés dans l’intention de détruire la sécurité d’Israël est honteux », a déclaré Rivlin, en parlant de Ghattas, pendant un discours à l’Institut pour la démocratie israélienne.

« La démocratie israélienne sait comment se protéger de ceux qui fomentent des actes odieux. »

Le procureur général Avichai Mandelblit a autorisé la police à interroger Ghattas pour des violations présumées de la sécurité. Le député est suspecté d’avoir fait entrer illégalement des téléphones portables destinés à des détenus de la prison de Ketziot, au sud de Beer Sheva.

La police a dit à la Deuxième chaîne qu’elle pense que Ghattas pourrait aussi avoir fait entrer une fois des cartes SIM destinées aux prisonniers, qui étaient cachées dans un livre pourvu d’un fond.

L’un des prisonniers que Ghattas aurait rencontré est Walid Daka, qui a été condamné à 37 ans de prison pour l’enlèvement et le meurtre en 1984 de Moshe Tamam, un soldat israélien de 19 ans.

Gila, la mère de Moshe Tamam, enlevé et assassiné par un groupe d'Arabes israéliens en 1984. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Gila, la mère de Moshe Tamam, enlevé et assassiné par un groupe d’Arabes israéliens en 1984. (Crédit : capture d’écran YouTube)

La mère de Tamam, Gila, a déclaré lundi que « tout député qui aide ceux qui ont tué mon fils a du sang sur les mains. »

Elle a ajouté que personne ne pourrait ramener son fils, mais que tous les efforts devaient être faits pour empêcher d’autres attaques terroristes.

Zehava Galon, la présidente du parti Meretz, a appelé Ghattas à démissionner, affirmant que ces crimes étaient « extrêmement graves ».

Elle a comparé le député arabe à Nissan Slomiansky, député de HaBayit HaYehudi, qui est soupçonné de crimes sexuels et a annoncé dimanche qu’il se retirait de la présidence de la commission du Droit, de la Justice et de la Constitution de la Knesset.

« Tout comme Slomiansky, [Ghattas] devrait rentrer chez lui, a déclaré Galon. Cependant, alors que la demande du public d’une démission du député est légitime, dans ces deux affaires l’utilisation de la loi de destitution est mauvaise. »

Le parti Balad fait partie de la Liste arabe unie de la Knesset, et détient trois des treize sièges de la faction.

La commission des Affaires internes de la Knesset, qui décide de l’immunité des députés et se prononce sur les demandes de levée d’immunité, devait se réunir lundi matin pour discuter des accusations portées contre Ghattas.

Selon les médias israéliens, les deux députés de la Liste arabe unie qui siège à la commission ne seront pas présents. Ahmad Tibi et Abdullah Abu Maaruf font partie de la commission de 16 membres.

Basel Ghattas, député de la Liste arabe unie, s'adresse à la Knesset, le 26 novembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Basel Ghattas, député de la Liste arabe unie, s’adresse à la Knesset, le 26 novembre 2014. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le président de la Liste arabe unie Ayman Odeh a déclaré que les accusations contre le député Basel Ghattas, selon lesquels il aurait fourni des téléphones à des détenus dans les prisons israéliennes sont très « sérieuses » mais que la Knesset ne peut pas prendre de mesures avant que les accusations ne soit confirmées.

« Les accusations portées contre le député Basel Ghattas sont très sérieuses. C’est pour cela qu’elles doivent être étudiées dans le cadre d’une enquête et non pas devant la court martial par des députés », dit-il.

« Tout est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie. Par conséquent, les tentatives d’accuser Ghattas sont interdites », a déclaré Odeh, en ajoutant que certains députés récupèrent cette affaire pour s’en prendre à tous les députés arabes.