WASHINGTON (JTA) – Ron Dermer, ambassadeur d’Israël à Washington, a déclaré lors d’un évènement en l’honneur du Nouvel An juif, auquel ont assisté des responsables américains, qu’Israël maintiendra deux limites dans la guerre civile voisine en Syrie : le transfert d’armement au Hezbollah et l’implantation d’un front iranien dans le pays.

« Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été très clair sur les lignes rouges d’Israël en Syrie, et Israël agit pour faire respecter ces limites : le transfert d’armes innovantes vers le Hezbollah et l’ouverture d’un front » pour le terrorisme anti-Israël, a déclaré Dermer mardi soir, lord d’une fête de Rosh HaShana dans sa résidence de la banlieue de Washington, D.C.

Le gouvernement Netanyahu s’est méfié de ce que pourrait être le dénouement des efforts américains pour mettre fin à la guerre en Syrie. Les Israéliens craignent, comme l’a exprimé le ministre de la Défense Avigdor Liberman, que l’administration Trump puisse s’en remettre à la Russie, alliée du régime d’Assad. L’alliance entre la Russie et Assad entraîne une alliance de facto avec l’Iran et son allié libanais, le Hezbollah.

La semaine dernière, la Syrie a attribué à Israël une frappe aérienne qui a touché une installation d’armes chimiques, dans la partie ouest du pays, aux mains d’Assad. Israël n’a pas revendiqué cette frappe.

Images satellites israéliennes montrant les conséquences d'une frappe aérienne attribuée à Israël contre une base de développement de missiles, en Syrie, le 7 septembre 2017. (Crédit : ImageSat International)

Images satellites israéliennes montrant les conséquences d’une frappe aérienne attribuée à Israël contre une base de développement de missiles, en Syrie, le 7 septembre 2017. (Crédit : ImageSat International)

Dermer a indiqué que l’intensification de l’influence iranienne sur la Syrie était la conséquence des politiques de l’administration Obama, notamment de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, qui a levé les sanctions en échange d’une diminution du programme nucléaire iranien.

Il a affirmé que l’Iran avait « gagné sur tous les fronts » avec cet accord, recevant de l’argent sans pour autant renoncer à ses ambitions nucléaires, et en a profité pour augmenter son influence.

Au-delà des préoccupations sur les conséquences de la guerre civile syrienne, Netanyahu et Dermer n’ont jamais caché qu’ils préféraient le président américain Donald Trump à son prédécesseur Barack Obama.

Dermer a déclaré à deux reprises qu’il était « profondément reconnaissant » envers l’administration Trump pour son rôle dans le rapprochement entre Israël et les pays arabes sunnites, un rapprochement motivé par les préoccupations communes au sujet de l’Iran et du terrorisme islamisme, ainsi que pour le « soutien sans équivoque » de Nikki Haley à Israël aux Nations unies, où elle représente les États-Unis. Il a également demandé à ce que l’on applaudisse Jason Greenblatt, présent ce soir-là, négociateur en chef de Trump.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à droite, à l'aéroport international Ben Gurion avant le départ de Trump, le 23 mai 2017. (Crédit : Koby Gideon/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président américain Donald Trump, à droite, à l’aéroport international Ben Gurion avant le départ de Trump, le 23 mai 2017. (Crédit : Koby Gideon/GPO)

Dermer a manifesté son soutien à un projet de loi du Congrès qui couperait les vivres de l’Autorité palestinienne tant que cette dernière continue à subventionner les familles des terroristes tués ou incarcérés pour avoir attaqué des israéliens.

Dermer a indiqué qu’il avait anticipé un « changement spectaculaire » de la position américaine sur l’accord sur le nucléaire ces prochaines semaines, indiquant que l’accord sera amendé, ou carrément abrogé. Trump a déjà fait savoir qu’il pourrait ne pas certifier que l’Iran se conforme aux dispositions de cet accord lors de la réunion prévue à cet effet le mois prochain.

Dermer n’a pas évoqué l’antisémitisme aux États-Unis ou en Europe, alors qu’étaient présent les dirigeants juifs américains pour cet évènement de l’ambassade. Les organisations juives américaines ont plusieurs fois manifesté leur inquiétude depuis l’élection de Trump sur l’influence grandissante de la « droite alternative », une confédération de conservateurs anti-establishment, notamment des suprématistes blancs, ainsi que la recrudescence de ces mouvements en Europe.

Ils avaient également été interpellés par l’équivalence morale faite par Trump, incapable de condamner clairement les suprématistes blancs.