L’ambassadeur Ron Dermer explique que Danon ne parle pas au nom du gouvernement israélien

L’ambassadeur aux Etats-Unis Ron Dermer a distancé jeudi le gouvernement des déclarations très critiques formulées la veille par le vice-ministre de la Défense, Danny Danon, concernant le rôle de médiateur du Secrétaire d’Etat américain John Kerry dans les pourparlers de paix israélo-palestiniens actuellement au point mort.

Dans un éditorial publié en ligne mercredi par Politico Magazine, Danon (Likud), très critique à l’égard des négociations de paix et de la possibilité d’un Etat palestinien existant côte à côte avec Israël, a déclaré que « plusieurs déclarations particulièrement troublantes » de Kerry concernant Israël, y compris le mini-scandale de « l’apartheid » de cette semaine, menaçaient la sécurité de l’Etat juif et avaient remis en question la « capacité [américaine] d’intervenir comme un intermédiaire honnête dans notre région ».

« Les opinions de l’adjoint du ministre Danny Danon sur le Secrétaire Kerry ne reflètent pas les points de vue du gouvernement israélien. Israël apprécie énormément les efforts du Secrétaire Kerry pour promouvoir la paix avec les Palestiniens » a expliqué Dermer dans un communiqué officiel.

« Nous ne croyons pas que le Secrétaire Kerry ait essayé de menacer Israël, et nous pensons que ses décennies de soutien à Israël reflètent un engagement durable à la sécurité et à l’avenir de ce pays », a ajouté l’ambassadeur.

Dans son éditorial, Danon, tout en reconnaissant que Kerry était un soutien de longue date d’Israël, a déclaré que le Secrétaire d’Etat, à plusieurs moments cruciaux durant les neuf mois du processus de négociation, a exprimé des déclarations extrêmement nuisibles envers Israël.

A une occasion, en évoquant la possibilité d’une troisième Intifada, Kerry a insinué : « si nous ne cédons pas à toutes les exigences palestiniennes pour assurer une conclusion positive à ces pourparlers, nous retournerions à l’époque de attentats suicides entraînant la mort de centaines de civils au cœur des villes israéliennes… [Kerry] a concrètement demandé à l’Etat d’Israël de négocier avec une arme braquée sur nos têtes », assure Danon

Une autre déclaration de Kerry sur la menace d’un boycott international contre Israël si les pourparlers échouent constituait une tentative « d’effrayer l’opinion publique israélienne vers une capitulation », a déclaré Danon, insinuant que les Etats-Unis « ne garderaient plus leur position de rejet inébranlable de n’importe quel boycott contre Israël si notre gouvernement ne s’assurait pas que les pourparlers se concluent en accord avec la position américaine. »

Le commentaire du Secrétaire d’Etat sur l’apartheid de cette semaine, a expliqué Danon, a été très « durement perçu » en Israël.

En plus d’être totalement faux, a-t-il ajouté, le commentaire représentait un double standard où la critique américaine contre les Palestiniens « était loin d’atteindre le même niveau de critique portée à l’encontre de notre gouvernement. »