Israël devrait entraîner les forces kurdes qui sont dépassées par l’Etat islamique, explique la native du Canada et ancienne soldate israélienne à son retour de Syrie et d’Iraq, Gill Rosenberg.

Israël devrait fournir un entraînement militaire aux combattants kurdes engagés dans la guerre avec l’Etat islamique en Irak et en Syrie, explique une Israélo-canadienne qui vient juste de rentrer du combat avec les groupes insurgents kurdes et chrétiens dans ces pays.

Gill Rosenberg, considérée comme étant la première femme étrangère à rejoindre les forces kurdes dans la bataille contre l’Etat islamique, a déclaré que le viol et la torture des femmes Yazidi aux mains de l’Etat islamique a motivé sa décision de partir combattre avec les Unités de Protection du Peuple Kurde (YPG) au nord est de la Syrie en novembre.

« Pour moi, c’était la différence entre une guerre régulière et un génocide », a-t-elle déclaré à propos de nouvelles d’un nettoyage ethnique dont elle a entendu parler alors qu’elle était en Israël.

Des milliers d’étrangers se sont portés volontaires pour combattre en Syrie et en Iraq avec l’état islamique, mais peu ont pris part à la guerre en rejoignant les groupes rebelles minoritaires engagés dans une bataille à la fois contre le régime Assad et contre les factions islamiques radicales.

Rosenberg a dit que le fait que les unités kurdes incluent à la fois des combattants et des combattantes a rendu la décision de les rejoindre plus simple.

Elle a voyagé vers la Syrie à travers la Jordanie, et après quelques jours, elle a participé au combat contre les forces de l’Etat islamique près de la vielle de Qamishli à la frontière avec le Turquie.

L’Etat islamique est beaucoup plus puissant que les forces Kurdes en terme d’armes et de puissance de feu, a déclaré la jeune femme originaire du Canada, lorsqu’elle s’exprimait jeudi aux journalistes du Club de la Presse de Jérusalem.

« Ils nous tiraient dessus sans restriction avec des munitions Dushka [une mitraillette russe] alors que nous devions faire attention à chaque balle que nous tirions », déclare-t-elle.

Ayant immigré en Israël, et ayant ensuite rejoint l’armée en 2006 pour servir dans une unité de recherche et de sauvetage, Rosenberg est arrivée en Syrie en 2014 sans aucune expérience de combat. Elle a dit qu’elle a passé une semaine d’entraînement avec des armes russes en possession des rebelles kurdes avant d’être envoyée au combat.

« Pour les Kurdes, l’arrivée de combattants étrangers, tout particulièrement une femme, a beaucoup aidé pour la motivation, explique-t-elle. Ils pensent qu’ils ne sont pas seuls dans leur combat contre l’Etat islamique ».

En janvier 2015, Rosenberg a quitté la Syrie pour le nord de l’Iraq, pour combattre l’Etat islamique près de la ville de Mossoul avec un groupe de chrétiens assyriens rebelles appelé Dwekh Nawsha. Elle a expliqué sa décision comme une conséquence de son besoin de reprendre le contact avec ses amis et sa famille après que l’on ait annoncé qu’elle avait été tuée en Syrie.

« J’avais un accès très restreint à internet, dit-elle. Les gens m’écrivaient sur Facebook comme si j’étais morte ».

Rosenberg a déclaré qu’elle n’a pas eu à cacher son identité israélienne et juive aux commandants kurdes et assyriens, qui voient Israël d’un oeil favorable. « Les Kurdes combattaient avec un drapeau israélien qu’un ami m’avait donné », se souvient-elle.

Mais alors que les Kurdes voient Israël comme un modèle réussi d’une lutte pour l’indépendance nationale, l’Etat juif les a abandonnés, dit-elle. Même sans intervenir directement dans la guerre, Israël pourrait envoyer des équipes militaires pour entraîner les combattants kurdes aux techniques de combat et leur fournir des armes plus perfectionnées.

« Ils ne diposent pas de l’équippement pour combattre Daesh », dit-elle en employant l’acronyme arabe pour l’Etat islamique.

Déçue par l’entrée iranienne en Irak et en Syrie, tout comme les avancées militaires de l’Etat islamique, Rosenberg a décidé de rentrer à la « maison » en Israël il y a deux semaines. Elle n’avait pas de projet particulier, mais elle aimerait aider ses camarades en Syrie et en Irak à travers l’activité humanitaire et politique.

Même si elle a violé la loi israélienne en entrant dans le territoire d’un État ennemi, Rosenberg n’a pas été arrêtée par la sécurité israélienne à l’aéroport Ben-Gurion à son arrivée plus tôt cette semaine. Elle a été simplement interrogée sur ses activités en Syrie et au Liban, a laissé ses contacts avec le Shin Bet, et elle est partie.

Ce n’était pas sa première incartade avec la loi. Rosenberg a passé presque cinq années dans une prison américaine pour avoir escroqué des citoyens américains âgés, et elle a été libérée peu de temps avec son départ en Syrie. « J’étais jeune et stupide », dit-elle sur cette époque de sa vie.

Jeudi, Rosenberg était pourtant confiante qu’Israël ne la punirait pas pour avoir rejoint la guerre en Syrie.

« Cela ne serait pas bon pour le gouvernement israélien d’arrêter quelqu’un pour avoir combattu le terrorisme », a-t-elle expliqué.