L’Iran « ne cherche pas à dominer » le Moyen-Orient, a déclaré mardi le président iranien Hassan Rouhani à son homologue français Emmanuel Macron lors d’un entretien téléphonique, selon un communiqué de la présidence iranienne.

« Notre présence en Irak et en Syrie est à l’invitation des gouvernements de ces pays pour lutter contre le terrorisme (…). L’Iran ne cherche pas à dominer (…) la région », a déclaré M. Rouhani au chef de l’Etat français, quelques jours après que la France s’est inquiétée des « tentations hégémoniques » de Téhéran au Moyen-Orient.

« Notre objectif est d’œuvrer pour la paix et la sécurité et d’éviter le démembrement des pays de la région », a assuré le président iranien. « Après Daech (acronyme en arabe du groupe État islamique), il faut aussi lutter contre les autres groupes terroristes », a-t-il ajouté.

« La France, en préservant son indépendance d’esprit et la place qu’elle a dans la région, peut avoir un rôle constructif en faisant preuve de réalisme et d’impartialité », a ajouté M. Rouhani alors que Paris tente de se poser en médiateur des crises et conflits qui secouent le Moyen-Orient.

A propos de la situation au Liban, le président iranien a insisté sur l’importance du Hezbollah, le mouvement terroriste chiite libanais, que soutient Téhéran, selon le compte-rendu de l’entretien diffusé par la présidence.

« Le Hezbollah fait partie du peuple libanais, il est très populaire dans ce pays et son armement est défensif et sert à contrer d’éventuelles attaques contre le Liban », a insisté M. Rouhani.

L’ancien Premier ministre libanais Saad Hariri donne sa première interview télévisée le 12 novembre 2017, huit jours après avoir annoncé sa démission (Crédit : Capture d’écran)

Le Liban traverse une profonde crise politique depuis que le Premier ministre Saad Hariri a annoncé le 4 novembre, de Ryad, sa démission, en dénonçant la « mainmise » de Téhéran sur le Liban et « sur le destin des pays de la région » par le truchement du Hezbollah.

La crise libanaise intervient sur fond d’une intensification de la lutte d’influence entre l’Iran et l’Arabie saoudite au Moyen-Orient.

Ces deux pays soutiennent des partis différents au Liban, l’Iran le Hezbollah et l’Arabie saoudite le camp de M. Hariri.

Sur la crise au Yémen, où l’Iran soutient les rebelles houthis et dénonce les bombardements quotidiens de l’Arabie saoudite et de ses alliés arabes sur ce pays, M. Rouhani a plaidé auprès de M. Macron pour la fin du « blocus » imposé par Ryad ainsi que la cessation « des bombardements ».

Les Iraniens souhaitent « un dialogue inter-yéménite pour ramener la sécurité dans ce pays ».

« Notre principale inquiétude est la situation de millions de Yéménites qui sont en train de mourir faute de médicaments et de produits alimentaires » en raison du blocus, a expliqué M. Rouhani.

Il a par ailleurs salué les « efforts de la France et de l’Union européenne pour renforcer l’accord » international sur le nucléaire iranien de 2015 remis en cause par les États-Unis.

« L’application complète et stricte de cet accord est un test pour d’autres coopérations au niveau international. Ajouter ou enlever des parties à cet accord le fera effondrer », a-t-il souligné.

Tout en plaidant pour la poursuite de l’application de cet accord destiné à éviter que l’Iran se dote de la bombe atomique, M. Macron a semblé à plusieurs reprises se rapprocher de la position américaine en demandant l’ouverture d’un dialogue avec l’Iran sur son programme de missiles et ses actions extérieures.

La France souhaite que « l’Iran ait une stratégie régionale moins agressive » et que soit clarifiée « sa politique balistique », a déclaré vendredi le président Français, qui a annoncé mi-octobre son intention de se rendre en Iran en 2018.