Le président iranien Hassan Rouhani a violemment dénoncé tout ceux qui, à l’intérieur ou à l’extérieur des frontières, s’opposent à sa politique de rapprochement avec le monde et aux négociations nucléaires, dans un discours diffusé lundi matin par la télévision d’Etat.

« Certains crient des slogans mais ce sont des froussards politiques », a lancé le président, faisant référence aux ultraconservateurs qui critiquent les négociations nucléaires en affirmant que l’Iran a trop cédé face aux grandes puissances.

« Dès qu’on veut négocier, ils disent qu’ils tremblent. Au diable! Allez trouver un endroit pour vous réchauffer. L’entente-phobie est une erreur », a déclaré le président ajoutant que l’Iran disposait des « meilleurs diplomates au monde » pour mener les négociations nucléaires.

L’Iran et les puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) sont engagés dans des négociations pour tenter de conclure un accord final réglant la crise du nucléaire iranien.

Selon un premier accord entré en application en janvier, l’Iran a accepté de geler une partie de son programme nucléaire, et a obtenu en contrepartie la levée partielle des sanctions internationales, les deux principaux sujets des discussions.

Les négociations prolongées de quatre mois par les deux parties –qui se sont fixées la date butoir du 24 novembre– doivent reprendre en septembre prochain.

M. Rouhani, qui intervenait devant les ambassadeurs iraniens réunis à Téhéran pour un séminaire annuel, s’en est également pris à ceux qui, à l’extérieur, s’opposent à tout accord sur le nucléaire en développant « l’Iranophobie, l’islamophobie » et en accusant l’Iran de chercher à fabriquer l’arme atomique.

« L’Iran ne cherche pas et ne cherchera jamais à fabriquer des armes de destruction massive car c’est contre nos croyances, notre charia et la fatwa (décret religieux, ndlr) du guide suprême », l’ayatollah Ali Khamenei, a-t-il ajouté.

M. Rouhani a défendu une solution « gagnant-gagnant » à la crise du nucléaire qui dure depuis dix ans car une solution « gagnant-perdant ne durera pas ».

« Quelqu’un m’a dit que nous devions duper l’autre partie, j’ai répondu ce monde est révolu… Certains ont cinquante ans de retard sur l’histoire », a-t-il déclaré en parlant des ultraconservateurs.

« Nous voulons le règlement de la question nucléaire qui est une crise artificielle créée par certains (en Occident, ndlr) Lorsqu’il y aura un accord, ils (Occidentaux, ndlr) vont crier qu’ils ont réussi à empêcher l’Iran d’accéder à la bombe nucléaire. Eux aussi vivent dans le passé. Ce temps est révolu », a-t-il dit.

En s’adressant aux diplomates présents, il a affirmé qu’ils fallait « changer l’image de l’Iran qui a été ternie ces dernières années ».

Dans le même temps, M. Rouhani a affirmé que tout en voulant des « relations amicales avec le reste du monde », Téhéran « défendra ses droits et ses intérêts nationaux » en matière nucléaire. « Nous sommes déterminés à régler le problème mais nous ne céderons en aucune manière sur nos droits », a-t-il martelé.

Il a expliqué que l’Iran « voulait régler ses problèmes y compris avec les pays avec lesquels nous avions des tensions pendant de longues années ».

« S’ils respectent nos droits (…) nous pourrons même avoir des relations normales », a ajouté le président iranien, une allusion aux Etats-Unis qu’il n’a toutefois pas nommés.

Les responsables iraniens ont affirmé à plusieurs reprises qu’ils voulaient avoir à l’issue des négociations la possibilité d’avoir un programme d’enrichissement d’uranium de taille industrielle et ne se contenteront pas d’un programme limité, comme le demandent les Etats-Unis et les pays occidentaux.