Mardi, le président iranien Hassan Rouhani a ouvertement critiqué « certains pays de la région » qui se sont rapprochés d’Israël dans l’optique de freiner l’influence de son pays, sans jamais nommer l’Arabie saoudite.

« Les musulmans de la région et du monde ne permettront pas que le projet vil d’entente avec le régime sioniste (Israël, ndlr) soit réalisé. Le peuple palestinien, les dignitaires religieux et les jeunes musulmans n’oublieront jamais l’animosité du sionisme et l’occupation de la Palestine », a déclaré M. Rouhani.

« Si certains de ces pays ont été impliqués dans des négociations, une interaction ou une coopération secrète avec des ennemis de l’islam dans la région, qu’ils le démentent publiquement. De telles relations sont ignobles, détestables, sinistres et indécentes », a-t-il dit.

« Il ne fait aucun doute que les Musulmans de ce monde ne laisseront pas ce complot sinistre porter ses fruits », a ajouté Rouhani.

Les dirigeants du régime iranien appellent systématiquement à la destruction d’Israël.

Gadi Eizenkot, chef d’état-major de l’armée israélienne, pendant la conférence de Herzliya, le 20 juin 2017. (Crédit : Hagai Fried/conférence de Herzliya)

Le chef d’État-major israélien avait annoncé la semaine dernière qu’Israël et l’Arabie saoudite étaient en « accord total » sur le fait que l’Iran était la plus grande menace du Moyen Orient.

Gadi Eizenkot avait ajouté que l’État hébreu était « prêt à partager des informations si nécessaire. Il y a des intérêts que [l’Arabie saoudite] et nous-mêmes partageons »

Les Saoudiens n’ont pas publiquement réagi à ces nouvelles, et selon les analystes, il y a toujours des chances que des relations bilatérales diplomatiques officielles soient reconnues.

Il a aussi affirmé que « la Syrie sera libérée du terrorisme tôt ou tard et le peuple irakien sera plus uni que jamais » après la défaite du groupe Etat islamique (EI) dans ces deux pays.

Rouhani a également déclaré que les Yéménites allaient faire regretter aux « agresseurs » leurs actions dans un discours retransmis par la télévision d’Etat, alors que la coalition menée par l’Arabie saoudite a intensifié ses raids sur Sanaa.

L’ex président du Yemen, Ali Abdullah Saleh,
en novembre 2007. (Crédit:KHALED FAZAA/AFP)

« Le Yémen sera libéré des mains des agresseurs et le peuple dévoué du Yémen fera regretter aux agresseurs » leurs actions, a déclaré M. Rouhani, au lendemain de la mort de l’ex-président Ali Abdallah Saleh, quelques jours après la rupture de son alliance avec les rebelles Houthis soutenus par l’Iran.

La guerre au Yémen oppose des forces progouvernementales, appuyées par la coalition sous commandement saoudien, aux Houthis qui se sont emparés en septembre 2014 de la capitale Sanaa et de vastes régions du pays avec l’aide des partisans de l’ex-président Ali Abdallah Saleh.

Ryad et Téhéran, les deux poids lourds de la région, s’affrontent sur plusieurs dossiers, dont la guerre au Yémen. L’Iran nie tout soutien militaire aux Houthis.

Le commandant des Gardiens de la Révolution iranienne, le général Mohammad Ali Jafari. (Crédit : capture d’écran YouTube/Press TV)

Pour sa part, le général Mohammed Ali Jafari, commandant en chef des Gardiens de la Révolution, l’armée d’élite du pays, a dénoncé « les traîtres saoudiens qui cherchent à créer l’insécurité dans les pays de la région sous l’ordre et avec le soutien des Etats-Unis et en se rangeant aux côtés des Israéliens », a rapporté l’agence Fars.

« Nous avons vu que leur tentative de faire un coup d’Etat contre les Moujahidines et Ansarullah (mouvement des rebelles Houthis, ndlr) a été étouffé dans l’oeuf », a déclaré M. Jafari.

Les médias iraniens affirmaient depuis plusieurs jours que l’ex-président Saleh tentait de faire un coup d’Etat contre ses ex-alliés Houthis avec le soutien de l’Arabie saoudite et des Emirats.