Le rôle de l’Iran est indispensable dans la lutte contre le terrorisme et pour assurer « la stabilité et la paix » au Proche-Orient, a déclaré mercredi le président iranien Hassan Rouhani, qui prononçait un discours devant un grand rassemblement à Téhéran.

Ses propos, à l’occasion du 36e anniversaire de la révolution islamique, sont intervenus alors que de difficiles négociations se déroulent entre Téhéran et les grandes puissances en vue d’un accord définitif sur le programme nucléaire controversé de l’Iran.

« Dans la région du Proche-Orient, instaurer la paix et la stabilité et déraciner le terrorisme passe par la République islamique », a déclaré Rouhani.

« Vous avez bien vu que la puissance ayant pu aider les peuples d’Irak, de Syrie, du Liban et du Yémen, (…) face aux groupuscules terroristes est la République islamique d’Iran ».

Ces dernières années, l’Iran a apporté une aide politique et militaire à l’Irak et la Syrie pour lutter contre les groupes djihadistes, notamment l’Etat islamique (EI).

A propos des négociations nucléaires, le président Rouhani a répété que l’Iran n’avait pas peur « des pressions et des sanctions », soulignant qu’il cherche « un accord qui préserve la grandeur et le progrès de la nation ».

Dans ce discours retransmis par la télévision d’Etat, il a ajouté que l’Iran était prêt à faire la « transparence sur son programme nucléaire pacifique » mais qu’en échange les grandes puissances, en particulier les pays occidentaux, devaient mettre un terme aux « sanctions injustes, inhumaines et illégales » imposées à Téhéran.

Le monde n’a « pas d’autre voie que l’entente » avec l’Iran, a-t-il affirmé devant une foule importante rassemblée pour le défilé traditionnel à l’occasion de l’anniversaire de la révolution qui s’est achevé sur la place Azadi (liberté).

Présent au défilé, le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a pour sa part déclaré que toute solution dépendait désormais des grandes puissances occidentales.

« Aboutir à un accord dépend de la bonne volonté de l’autre partie. S’ils ont cette volonté, nous pouvons conclure un accord dès aujourd’hui, sinon les négociations n’aboutiront pas, même dans dix ans », a déclaré Zarif, qui dirige les négociations nucléaires.

Le président américain Barack Obama et Rouhani ont chacun pris la parole lundi et mardi pour exhorter l’autre à se décider, alors que les négociateurs se sont donné jusqu’au 31 mars pour parvenir à un accord politique.

« L’Iran a fait les pas nécessaires et maintenant c’est autour de l’autre partie de saisir l’opportunité », a déclaré mardi Hassan Rouhani.

« Je ne vois pas l’utilité d’une nouvelle prolongation s’ils ne sont pas tombés d’accord sur une formulation fondamentale », a affirmé Barack Obama lundi.

Les défilés commémorant l’anniversaire de la révolution islamique ont été marqués par les traditionnels slogans anti-américains.

« Nous résisterons jusqu’au bout » ou « Mort à l’Amérique », pouvait-on lire sur des pancartes brandies par la foule à Téhéran.

Des manifestations ont également été organisées dans un millier de villes à travers le pays pour l’anniversaire de la révolution, ont indiqué les autorités alors que des images de la télévision montraient de grands rassemblements dans de nombreuses villes.

La révolution a provoqué le 11 février 1979 la chute du régime du shah Mohammad Reza Pahlavi, soutenu par les Etats-Unis.

Mogherini veut un « bon accord » rapidement

La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a appelé mercredi Téhéran et les grandes puissances à trouver un « bon accord » avant la date butoir des négociations sur le nucléaire iranien, fixée à fin mars.

« Il faut un bon accord, et cela dans les semaines à venir, pas dans les mois à venir », a déclaré Mme Mogherini dans un entretien à l’AFP.

Le président américain Barack Obama a prévenu lundi qu’il n’y aurait pas de prolongation des négociations au-delà du 31 mars, la date butoir pour un accord politique dont les détails techniques seraient ensuite finalisés avant le 1er juillet.

« Je suis très encouragée par le degré d’engagement que je vois dans les négociations », a affirmé Mme Mogherini, qui a rencontré dimanche le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, à Munich.

Lors de leur rencontre, Mogherini « a insisté sur la nécessité de régler les questions encore en suspens et souligné que le temps presse », a précisé une porte-parole, Maja Kocijancic, lors d’un point de presse à Bruxelles. « Il faut qu’on saisisse cette occasion ».

« Si l’Iran a la volonté politique, je pense qu’on pourra trouver un bon accord qui serait bénéfique à la région et au pays », a insisté Mme Mogherini à l’AFP.