Le président iranien Hassan Rouhani a réprimandé jeudi les extrémistes opposés à l’accord nucléaire historique, en mettant en avant le fait que même si les critiques internes peuvent pinailler sur des détails, l’accord en lui-même « demeure plus précieux et plus significatif » que ses détails.

Les députés iraniens sont en train de « scruter un à un les termes de l’accord », a déclaré Rouhani, selon Reuters. « Voilà qui est bien, mais ce qui est arrivé est plus précieux et plus important que cela ».

Alors que les législateurs iraniens examinent l’accord – un processus, qui selon eux, pourrait prendre plus de 60 jours – plusieurs législateurs éminents, qui s’opposent à l’accord, ont affirmé que des parties de l’accord dépassent les lignes rouges iraniennes, en particulier concernant les inspections des sites militaires.

Le président a fustigé les critiques qui n’ont pas soutenu les négociateurs de la République islamique et leurs gains sans condition.

« Comment peut-on être un Iranien et ne pas encourager notre équipe de négociation ? », a tancé Rouhani. « J’ai choisi les meilleurs négociateurs que l’Iran avait. Ils sont bien informés et courageux ».

Le président a ajouté que cette nouvelle « page d’histoire » avait pour origine son élection.

« Ceci est une nouvelle page de l’Histoire », a-t-il dit. « Il n’a pas eu lieu quand nous sommes parvenus à l’accord à Vienne le 14 juillet, mais c’est arrivé le 4 août 2013, quand les Iraniens m’ont élu comme leur président ».

Depuis que l’accord a été négocié entre Téhéran et les puissances mondiales la semaine dernière, certains responsables iraniens ont exprimé des objections contre l’accord.

Lundi, le chef des Gardiens de la Révolution de l’Iran a rejeté l’accord, affirmant que le pacte était inacceptable et « clairement en contradiction » avec les exigences de la République islamique.

La déclaration faite par le major-général Mohammad Ali Jafari, le chef du puissant Corps islamique des Gardes Révolutionnaires, est survenue quelques heures avant que l’ONU ne vote à l’unanimité l’approbation de l’accord ouvrant la voie à la levée des sanctions internationales paralysantes en échange d’une limitation de l’enrichissement nucléaire.

« Certaines parties du projet ont clairement franchi les lignes rouges de la République islamique, en particulier sur les capacités militaires de l’Iran. Nous ne l’accepterons jamais », a asséné Jafari à l’agence de presse iranienne Tasnim.

Mardi, le général Mohammad Reza Naqdi a affirmé que Washington utilisait l’accord comme prétexte pour une future attaque militaire américaine contre l’Iran.

« Tout Iranien qui lit les documents de Vienne haïra les Etats-Unis 100 fois plus [qu’auparavant] », a déclaré mardi Naqdi selon l’agence de presse semi-officielle Fars.

« Les USA ont besoin de l’accord simplement pour légaliser les sanctions et continuer la pression contre l’Iran », a-t-il ajouté.

Le parlement de l’Iran aura besoin d’ « au moins » 60 jours pour examiner l’accord final proposé avec les puissances mondiales sur son programme nucléaire contesté, a précisé un député de premier plan mardi, donnant aux législateurs de la République islamique à peu près le même temps que le Congrès des États-Unis pour examiner la proposition.

Mais tandis que les députés à la ligne dure au Parlement de l’Iran pourraient voter contre l’accord conclu la semaine dernière à Vienne, leur nombre ne serait pas suffisant pour faire couler une proposition déjà soutenue par le guide suprême l’ayatollah Ali Khamenei du pays.

Le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, qui a dirigé l’équipe de négociation iranienne, a officiellement présenté l’accord mardi au Parlement. Quelques heures plus tard, l’agence de presse officielle IRNA a informé que les législateurs ont formé un comité spécial de 15 membres pour examiner l’accord.

Selon la constitution de l’Iran, le Parlement a le droit de rejeter tout accord – même celui négocié par le ministère des Affaires étrangères. Mais les députés qui sont contre ne détiennent que 60 membres du Parlement, le reste des sièges appartiennent aux conservateurs et à une poignée de législateurs pro-réforme.

Même si les partisans d’une politique à la ligne dure ont attiré d’autres législateurs dans leur camp lors des votes précédents, il apparaît peu probable que cela soit le cas cette fois-ci car le chef suprême a approuvé le travail des négociateurs sur l’accord nucléaire.

Le comité spécial des législateurs peut se révéler être un rameau d’olivier tendu vers les députés à la ligne dure – ce qui leur permettra d’exprimer leurs frustrations contre les puissances mondiales, en particulier les Etats-Unis, tandis que le Parlement approuvera au final l’accord.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.