Le président iranien Hassan Rouhani a déclaré mardi que son gouvernement voulait sortir l’économie de son pays de la récession après avoir réussi à maîtriser l’inflation qui avait atteint 40 %, lors d’un discours retransmis à la télévision d’Etat.

Il a expliqué qu’il fallait favoriser les exportations non pétrolières pour relancer la production, en attendant la levée des sanctions économiques internationales imposées contre le pays à cause de son programme nucléaire controversé.

« Le pays a été confronté à une stagflation sans précédent. Durant l’année iranienne 1391 (mars 2012-mars 2013) nous avons eu une croissance négative de 6,8 % et en 1392 (mars 2013 – mars 2014) une croissance négative de 1,1 % », a déclaré Rouhani devant un parterre d’économistes invités pour présenter le plan du gouvernement.

« Deux années de récession accompagnées d’une inflation de plus de 30 % est sans précédent dans notre histoire », a-t-il ajouté.

Le président Rouhani, élu en juin 2013 avec le soutien des réformateurs et des modérés, a pris ses fonctions il y a presque un an jour pour jour.

« L’actuel gouvernement est une victime et a hérité de ces problèmes économiques », a déclaré Rouhani, en critiquant son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad, sans toutefois le nommer, pour avoir injecté massivement des pétro-dollars dans l’économie iranienne.

Les sanctions économiques et bancaires imposées par les Etats-Unis et l’Union européenne ont aggravé la situation en réduisant fortement les exportations non pétrolières et limitant à l’extrême l’accès du pays au réseau financier et bancaire international.

Rouhani a affirmé que l’inflation, qui a été de 35 % l’année dernière, serait ramenée à 25 % d’ici à la fin de l’année iranienne (mars 2015).

« Pour sortir de la récession, il faut une politique de croissance ce qui est en contradiction avec le contrôle de l’inflation, (…) mais le contrôle de l’inflation parallèlement à une politique pour sortir de la récession est la volonté du gouvernement », a ajouté le président Rouhani.

« Il faut enlever les obstacles devant les exportations non pétrolières pour permettre l’augmentation de la production », a affirmé le président iranien, qui a ajouté que son gouvernement refusait de recourir à la planche à billets.

Rouhani a ajouté que le plan, qui doit désormais être approuvé par le Parlement, avait été préparé en considérant que les sanctions internationales seraient maintenues.

Rappelant que ces sanctions avaient déjà été allégées grâce à un accord intérimaire avec les grandes puissances, il a assuré que son pays était « sérieux et déterminé » à faire aboutir les négociations pour mettre fin à la crise du nucléaire iranien.

« La levée des sanctions est dans l’intérêt de tout le monde », a-t-il ajouté.