Reporter Sans frontières Espagne a condamné samedi « les incessantes pressions des services diplomatiques israéliens en Espagne » sur la presse espagnole couvrant le conflit dans la bande de Gaza qui a fait plus de 1.600 morts palestiniens et 63 Israéliens.

RSF Espagne vise notamment la porte-parole de l’ambassade d’Israël en Espagne, Hamutal Rogel Fuchs, qui a qualifié, sur sa page Facebook, « d’activiste » au service du Hamas, la correspondante de la télévision nationale espagnole (TVE) à Jérusalem et envoyée spéciale à Gaza.

« Les chroniques dramatiques de Yolanda Álvarez, à commencer par l’abus d’adjectifs suivis des mises en scènes résultant d’un casting et d’une sélection de scènes servant les intérêts du Hamas sont ni plus ni moins le produit d’une activiste », affirme la porte-parole sur son site Facebook.

RSF Espagne dénonce « les incessantes pressions des services diplomatiques israéliens en Espagne sur les journalistes et les médias espagnols ».

« En plus d’être fausses, les accusations que lance l’ambassade contre la correspondante de TVE sont particulièrement graves parce qu’elles la mettent en danger », souligne Macu de la Cruz, vice-présidente de RSF Espagne, citée dans le communiqué.

RSF Espagne rappelle que le comité de rédaction de TVE a souligné le travail « extraordinaire » de la journaliste et demandé son retour dans la bande de Gaza qu’elle a dû quitter sur ordre de sa direction.

L’organisation de défense de la liberté de la presse affirme que « selon les témoignages d’autres journalistes et médias, l’ambassade d’Israël en Espagne maintient une attitude permanente d’intimidation des journalistes espagnols ».

« Ils commencent à montrer du doigt les journalistes avant les médias qui les emploient en les nommant devant leurs supérieurs. D’autres médias ont confirmé ces pressions, sous forme de dénonciations, d’appels téléphoniques et de visites de représentants diplomatiques israéliens », affirme RSF Espagne dans un communiqué.

Selon elle, « le droit de liberté d’expression ne peut protéger des accusations qui frisent le délit » contre la liberté de la presse.