La cour d’appel de l’Ontario rendra jeudi sa décision sur l’éventuelle extradition du principal suspect de l’attentat ayant visé la synagogue de la rue Copernic à Paris en 1980, ont indiqué mardi ses avocats.

Le gouvernement canadien avait autorisé en 2012 le transfert vers la France du Libano-canadien Hassan Diab, un ancien professeur de sociologie à l’université d’Ottawa.

Ce dernier avait déposé un recours contre cette extradition, examiné à l’automne dernier par la cour d’appel.

Sa défense avait remis en question une analyse graphologique présentée par le justice française comme un élément-clé dans le dossier à charge contre l’auteur présumé de cet attentat qui avait fait quatre morts.

L’un des avocats de la défense, Don Bayne, a rappelé mardi avoir « présenté des preuves de cinq experts en graphologie de renommée internationale, qui ont témoigné que le rapport d’analyse graphologique français contre le docteur Diab comportait de sérieux défauts ».

En raison d’un manque de « fiabilité », la défense prétend que « l’ordonnance d’extradition du docteur Diab devrait être annulée ».

Les analyses graphologiques sont cantonnées à une fiche d’hôtel remplie par un certain Alexander Panadriyu qui s’est révélée être une fausse identité utilisée, selon la police française, par Hassan Diab.

Ce dernier aurait acheté une moto et déposé les explosifs dans les sacoches, avant de l’abandonner aux abords de la synagogue de la rue Copernic le 3 octobre 1980 en début de soirée.

M. Diab, âgé maintenant de 60 ans, s’est dit victime d’une homonymie et a clamé son innocence, soutenant qu’il était étudiant à Beyrouth au moment des faits.

Les avocats de Hassan Diab ont estimé mardi que « le ministre de la Justice n’avait pas compétence pour ordonner la remise du docteur Diab puisqu’il n’est accusé d’aucun acte criminel en France ». La France a uniquement demandé de pouvoir interroger M. Diab dans le cadre de l’enquête, selon Me Bayne.