L’Arabie saoudite, se disant insultée par des propos du populiste néerlandais Geert Wilders, a imposé des sanctions commerciales contre les entreprises néerlandaises et veut réduire le nombre de visas émis pour les hommes d’affaires de ce pays.

Un décret royal ordonne aux entreprises saoudiennes d’exclure les firmes néerlandaises de leurs futurs projets, que ce soit directement ou par sous-traitance, selon une circulaire diffusée dans la semaine par la chambre de commerce de la Mecque et que l’AFP a pu voir samedi.

Le décret demande également de limiter « au minimum le nombre de visas et leur (durée de) validité » pour les « entreprises néerlandaises et les investisseurs qui ne participent pas à des projets vitaux pour le royaume », et ordonne la fin des visites de délégations commerciales entre les deux pays.

Le ministère néerlandais des Affaires étrangères avait annoncé plus tôt samedi à l’AFP que l’Arabie saoudite se sentait « insultée » par les propos de M. Wilders et « envisageait » des sanctions, sans préciser lesquelles.

En décembre, le député anti-islam Geert Wilders avait fait imprimer des autocollants imitant le drapeau de l’Arabie saoudite mais remplaçant la formule sacrée qui y est inscrite par un texte, également en arabe, qui critique vivement l’islam et qui remet en cause l’intégrité de Mahomet et du Coran.

Le gouvernement de La Haye a officiellement pris ses distances en décembre avec l’action de M. Wilders, soulignant que ses idées ne reflétaient pas celles de l’exécutif néerlandais.

Le Parti pour la Liberté (PVV) de M. Wilders est actuellement en tête des sondages aux Pays-Bas pour les élections européennes de fin mai. Il s’est allié pour l’occasion avec le Front national de Marine Le Pen.

Geert Wilders a par le passé comparé le Coran au Mein Kampf d’Adolf Hitler et qualifié l’islam de religion fasciste.

Poursuivi pour ces déclarations, mais a finalement été acquitté en 2011 d’incitation à la haine, les juges estimant que le député ne pouvait être condamné car ses critiques étaient dirigées contre une religion et non contre un groupe ethnique.

Geert Wilders a fait l’objet d’une vive polémique dernièrement après qu’il eût promis en mars à ses partisans, au soir d’élections municipales, qu’il ferait en sorte qu’il y ait « moins de Marocains » aux Pays-Bas.