Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a minimisé jeudi la portée de la visite la semaine dernière en Arabie saoudite du chef du Hamas Khaled Meshaal, affirmant qu’elle n’était pas politique.

« La position du royaume à l’égard du Hamas n’a pas changé » et Ryad continue de « soutenir l’Autorité palestinienne » ainsi que « l’Egypte pour préserver sa sécurité et sa stabilité », selon lui.

« Khaled Meshaal s’est rendu à La Mecque pour effectuer la Omra », le petit pèlerinage, à l’occasion de la fête du Fitr, célébrée le 17 juillet et marquant la fin du mois de jeûne musulman, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse commune avec son homologue égyptien Sameh Choukry à Jeddah (ouest).

Durant leur présence à La Mecque, Meshaal et sa délégation « ont présenté leurs vœux au roi (Salmane) pour l’Aïd el-Fitr », a ajouté le ministre.

« La Omra est un droit pour tout musulman, que personne ne peut empêcher » mais « il n’y a pas eu de réunion » politique, a insisté Jubeir, dont le pays est l’un des principaux soutiens de l’Autorité palestinienne et de l’Egypte, tous deux en désaccord total avec le Hamas.

Les relations entre le Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza et le royaume saoudien se sont largement refroidies avec la destitution par l’armée égyptienne du président Mohamed Morsi il y a plus de deux ans.

Ryad est un fervent soutien d’Abdel Fattah al-Sissi, tombeur de Morsi et désormais à sa place. Le Hamas, lui, a perdu avec ce coup de force militaire un de ses grands alliés dans la région –et une ouverture sur le monde offerte par le point de passage de Rafah, dorénavant ouvert au compte-gouttes par les autorités égyptiennes.

Meshaal est installé au Qatar depuis qu’il a dû quitter Damas en 2012, lorsque son mouvement a pris le parti des rebelles syriens contre le président Bashar el-Assad. Il ne s’était pas rendu en Arabie saoudite depuis plusieurs années.

Interrogé par ailleurs sur l’accord international sur le programme nucléaire iranien, le ministre saoudien a indiqué que son pays avait « obtenu des assurances » de la part des Etats-Unis pour sa stricte application.

Il a toutefois répété que « l’ingérence » de l’Iran dans les affaires de ses voisins arabes était « une source d’inquiétude pour les Etats de la région, une question qu’il faut affronter avec fermeté ».

Il a souhaité que l’Iran, rival régional du royaume saoudien, utilise l’accord pour « reconstruire son pays et améliorer le niveau de vie de son peuple, et non pas pour (financer) davantage d’actes de sabotage dans la région ».