Le maire de Londres a accusé le président américain Donald Trump d’alimenter le « choc des civilisations » en prenant des termes utilisés par le groupe terroriste Etat islamique (EI).

Lors d’un évènement organisé samedi par le Guardian, Sadiq Khan a renouvelé ses critiques du décret anti-immigration de Trump, qui empêche les citoyens de plusieurs pays, majoritairement musulmans, d’entrer sur le territoire américain, affirmant qu’il faisait le jeu de l’EI.

« Ils disent qu’il y a un choc des civilisations, qu’il n’est pas possible d’être musulman et occidental, et que l’Occident nous déteste. Et vous jouez ce jeu par inadvertance, vous les aidez », a-t-il dit.

Khan a vivement critiqué les restrictions de voyage de Trump, et les deux hommes se sont publiquement affrontés depuis l’appel du président américain à interdire l’entrée sur le sol américain à tous les musulmans durant la campagne présidentielle américaine de 2016.

Le maire de Londres a également évoqué la déclaration faite par Trump l’année dernière, selon laquelle Khan serait exempté de son interdiction des musulmans.

Le président américain Donald Trump en conférence de presse à la Trump Tower, à New York, le 15 août 2017. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Le président américain Donald Trump en conférence de presse à la Trump Tower, à New York, le 15 août 2017. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

« Mon opinion a d’abord été ‘je ne suis pas exceptionnel’, puis ‘pensez à ce que vous dites’. Parce que ce que vous dites n’est pas différent de ce que dit Daesh, l’Etat prétendument islamique », a dit Khan, utilisant l’acronyme en arabe du groupe terroriste.

Khan a déclaré que le décret de Trump donnait une « fausse impression » de l’islam, qui avait pour objectif de semer la discorde entre musulmans et non-musulmans.

« Je suis un occidental, mais aussi un musulman très fier. Il y a des personnes qui veulent diviser nos communautés, je ne vais pas les laisser faire », a-t-il dit.

Trump a récemment renouvelé les restrictions de voyage imposées aux ressortissants d’Iran, de Libye, de Somalie, du Soudan, de Syrie et du Yémen, en y ajoutant les citoyens de Corée du Nord, du Venezuela et du Tchad.

Pendant ses critiques de Trump, Khan a demandé que la visite d’état du président américain prévue à Londres soit annulée, puisque « ses politiques vont à l’encontre de tout ce que nous défendons. »

Les deux hommes se sont affrontés en juin, quand Trump a critiqué Khan après un attentat dans la capitale britannique, où trois terroristes ont foncé avec un van sur des piétons sur le London Bridge, avant de sortir du véhicule et de poignarder des passants, tuant huit personnes et faisant des dizaines de blessés.