Samantha Power a commencé par remercier les organisateurs en précisant que c’était un « grand honneur d’être ici ».

Avant d’aborder l’État d’Israël, l’ambassadrice des États-Unis aux Nations unies est revenue brièvement sur l’histoire de Jan Karski, qui s’était déguisé en 1942 dans le ghetto de Varsovie et des camps de concentration où des « juifs en Pologne ont été complètement anéantis ».

« La Shoah a fait de ce vieux rêve une plus grande urgence, » a-t-elle confié.

Elle est devenue journaliste après avoir été bouleversée par l’Holocauste et la couverture du conflit bosniaque, a-t-ele confié.

« J’ai été glacée à la fois par ce que j’ai vu et par la lenteur de la réponse du monde », a-t-elle dit.

Samantha Power a indiqué que la puissance de l’ONU est « biaisée » contre Israël.

Elle est revenue sur une visite qu’elle a effectuée, il y a une vingtaine d’années, au mémorial de Yad Vashem, sur le fait qu’elle a été profondément touchée par les enfants.

« Vous n’avez pas besoin d’être juif pour sentir la perte brûlante, » dit-elle.

La création de l’ONU, et celle d’Israël, sont plus qu’une réaction au mal.

« Il est amèrement injuste que l’ONU … soit si souvent utilisé cyniquement pour traiter injustement Israël. »

Les Etats-Unis font tout pour combattre les attaques « laides » et « biaisées » contre Israël, a-t-elle fermement déclaré.

Puis elle aborde la visite du Premier ministre israélien et son discours au Congrès.

« Certains d’entre vous ont peut-être entendu qu’il est en ville et qu’il y a des rumeurs qu’il a l’intention de s’adresser au Congrès, » a lancé Power en plaisantant.

Sur un ton plus sérieux, elle affirme que les Etats-Unis « croient fermement » qu’Israël « transcende la politique et qu’il le fera toujours. »

Nos engagements envers Israël sont « des engagements gravés dans la roche. »

« Ce partenariat ne devrait jamais être politisé, et il ne peut pas et ne doit pas être terni ou rompu. »

« Les enjeux sont trop élevés » pour tomber dans la politisation de cette relation », a-t-elle dit.

Les pourparlers sur le nucléaire iranien « ont suscité un débat raisonnable », a-t-elle ajouté.

« Les Etats-Unis ne permettront pas à l’Iran d’atteindre l’arme nucléaire. Point », a-t-elle affirmé, sous les applaudissements.

« Obama va empêcher l’Iran d’avoir la capacité de la bombe : accord ou pas. »

« Négociations ou pas. Accord ou pas. Les États-Unis prendront toutes les mesures nécessaires pour protéger notre sécurité nationale et celle de nos alliés les plus proches », a-t-elle dit.

« Nous croyons que la voie de la diplomatie est la bonne voie, » dit-elle.

« Les Etats-Unis ont conscience de l’ampleur de la menace nucléaire iranienne, si les pourparlers échouent, » a-t-elle dit.

« Il n’y aura jamais un jour où l’engagement de l’Amérique vi-à-vis de la sécurité d’Israël ne compte. Jamais. »

Aussi, les Etats-Unis combattent l’antisémitisme, a rappelé Power.

« Les attaques antisémites ne sont pas une menace pour la communauté juive, mais pour le pluralisme européen et ses valeurs, a-t-elle dit.

« La critique à l’égard d’Israël ne peut jamais être utilisée comme une justification pour inciter à la violence », dit-elle.

L’ambassadrice américaine à l’ONU a critiqué la communauté internationale pour avoir omis de répondre et de faire face à la haine anti-juive. Elle a mentionné à ce propos la résolution de l’ONU qui a déclaré que le sionisme était une forme de racisme en 1975. « Maintenant, les pays qui avaient voté en faveur de cette résolution sont en train de rédiger des résolutions pour lutter contre l’antisémitisme, » précise-t-elle.

Lorsque 18 « résolutions biaisées » ont été proposées contre Israël en septembre dernier, « nous nous sommes opposés à chacune d’entre elles, » dit-elle.

Elle a énuméré plusieurs autres exemples, dont celle au sujet de la reconnaissance de l’État palestinien et celles qui s’opposaient à l’action militaire israélienne à Gaza sans mentionner le groupe terroriste du Hamas.

A propos des pourparlers de paix

Samantha Power a condamné les constructions dans les implantations mais aussi les mesures unilatérales palestiniennes à l’ONU.

Les États-Unis soutiennent les pourparlers de paix et une solution à deux Etats, a-t-elle dit.

« Faire face aux préjugés anti-Israël est une longue tradition non partisane aux États-Unis à l’ONU », dit-elle. Pour justifier cette attitude, elle cite le président Johnson : « les chiffres ne déterminent pas ce qui est juste. »

« C’était vrai en 1967, et c’est vrai aujourd’hui ».

« Nous croyons en Israël. Nous croyons en sa démocratie et en son pluralisme. Nous croyons que les gens devraient toujours avoir une patrie juive sûre, » a-t-elle indiqué.

Samantha Power, ancienne étudiante de Yale et de Harvard, note l’implication d’Israël lors des crises mondiales, telles que l’épidémie d’Ebola et de l’hôpital de campagne à Haïti après le tremblement de terre.

Il s’agit « des incarnations modernes du Tikkun olam [réparation du monde]. »

Samantha Power a conclu en affirmant que la puissance américaine se tient aux côtés d’Israël « à travers vents et marées, » dont le droit à être traité de façon équitable ou à exister, a trop souvent été remis en question.