Un ancien commissaire de police français a demandé l’ouverture d’une enquête contre trois policiers, qui n’ont pas sauvé une femme juive, assassinée par un musulman qui avait fait irruption dans son domicile, alors qu’ils attendaient des renforts devant son appartement parisien.

Sammy Ghozlan, commissaire de police à la retraite et directeur du BNVCA, a déclaré aux responsables et aux membres de la famille de la victime de l’attaque du 4 avril, Sarah Halimi, qu’une évaluation en interne était nécessaire durant une visite à Marseille jeudi.

Plusieurs grands noms du judaïsme français ont critiqué la gestion de l’enquête par les autorités, sur le meurtre de Sarah Halimi par son voisin. D’autres voisins ont témoigné avoir entendu l’assassin traiter sa victime de « Satan » et avoir crié « Allah Ouakbar », une formule en arabe qui signifie « Dieu est grand », juste avant le meurtre.

Il est suspecté d’être entré par effraction au domicile de Mme Halimi, 65 ans et médecin de formation, de l’avoir frappée et de l’avoir défenestrée depuis son appartement du troisième étage.

Le suspect, Kobili Traore, âgé de 27 ans, a été placé sous évaluation psychiatrique, était donné qu’il a plaidé la folie, bien que son dossier ne contienne aucun antécédent de maladie mentale. Il a passé les deux premières semaines après son arrestation dans un centre de détention psychiatrique, mais les autorités n’ont pas divulgué la suite de son parcours, malgré de nombreuses demandes, a fait remarquer Ghozlan à JTA.

Sammy Ghozlan en charge du BNVCA à son domicile à Netanya, en octobre 2015 (Crédit : Ricky Ben David/Times of Israel)

Sammy Ghozlan en charge du BNVCA à son domicile à Netanya, en octobre 2015 (Crédit : Ricky Ben David/Times of Israël)

Un acte d’accusation préliminaire contre Traore, publié par le procureur de Paris, l’accuse d’homicide volontaire, mais ne fait aucune mention de motif raciste ou antisémite. Suite à cela, le CRIF a fermement dénoncé la justice et l’indifférence des médias.

Durant l’agression, trois policiers armés sont arrivés à l’appartement de Mme Halimi avant que son agresseur ne la jette par la fenêtre, mais ils ont décidé de ne pas pénétrer dans l’appartement et d’attendre des renforts, selon une enquête menée par le BNVCA, a confié Ghozlan.

« La conduite des trois agents de police laisse penser qu’il soupçonnait qu’une attaque terroriste était en cours, et pas une simple querelle de voisinage, a affirmé Ghozlan. Si c’était le cas, et il y a lieu de croire que cette agression était de nature terroriste, cette affaire n’est pas traitée comme tel. C’est assez inhabituel. »

Ghozlan a ajouté qu’il craignait que les policiers se soient abstenus d’intervenir de peur de déclencher des violences ou toute autre forme de trouble après une altercation avec un suspect musulman. En 2006, un scénario similaire avait déclenché des émeutes dans toute la France, au cours desquelles des voitures et des immeubles avaient été incendiés.

« Le fait que nous soyons en pleines élections n’aide pas », a-t-il indiqué , évoquant la présidentielle des mois d’avril et mai, et les législatives de ce mois-ci.

Ghozlan a souligné qu’il ne tient pas le gouvernement d’Emmanuel Macron pour responsable de la mauvaise gestion de l’affaire Halimi.

« En France, la justice est indépendante, et ce problème n’est donc pas le leur », a-t-il dit au sujet du gouvernement.