Le chef de la commission de l’ONU chargée d’enquêter sur les récents combats entre Israël et Gaza a déclaré qu’il ne démissionnerait pas malgré la pression israélienne exercée sur lui.

Le professeur de droit canadien William Schabas, qui a été sous le feu des critiques pour ce que ses détracteurs qualifient d’antipathie envers Israël après qu’il ait demandé que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu soit jugé devant la CPI pour crimes de guerre, a déclaré qu’il ne démissionnerait que si le Conseil des droits de l’Homme, qui l’a nommé, décidait que son rôle à la commission entrave son activité.

« Je ne déteste pas Israël et ne veux pas m’engager dans un débat sur mes positions antérieures vis-à-vis de ce pays », a expliqué Schabas au quotidien saoudien A-Sharq Al-Awsat, dans une interview publiée mercredi.

« J’ai eu des positions dans le passé concernant la Palestine et Israël et elles n’ont rien à voir avec ma mission d’aujourd’hui. Je mettrai mes opinions de côté lors de l’enquête et elles n’auront pas d’incidence ».

Schabas a estimé que les oppositions américaine et israélienne n’étaient pas dirigées contre lui personnellement.

« Oui, Israël m’a vivement attaqué. Je suis persuadé que ces attaques provenaient d’opposants à la commission d’enquête qui s’opposent également au Conseil des droits de l’Homme. Je crois que le problème n’est pas réellement avec moi. Même si Spiderman avait été nommé à la tête de la commission ils l’auraient attaqué, et je ne le prends pas personnellement ».

Israël n’a pas encore décidé s’il allait coopérer avec la commission Schabas.

Selon un reportage télévisé israélien diffusé le mois dernier, la majorité des ministres du cabinet s’opposent à une coopération avec la commission, mais l’armée israélienne aurait augmenté son personnel juridique et mène des enquêtes internes sur les activités militaires lors de l’opération Bordure protectrice.

Schabas a déclaré au quotidien que ses enquêteurs, actuellement réunis par l’ONU, arriveront « bientôt » sur ​​le terrain pour commencer à recueillir des éléments de preuve.

Le rapport devrait être présenté en mars 2015.