Le sénateur de New York Chuck Schumer, futur chef de la minorité démocrate au Sénat, a déclaré mercredi que le discours le même jour du secrétaire d’Etat américain John Kerry posant les principes de la résolution du conflit israélo-palestinien, pourrait involontairement servir à renforcer les extrémistes des deux côtés.

Le chef de la minorité du Sénat, qui s’est ouvertement opposé à l’abstention américaine au Conseil de sécurité des Nations unies vendredi, ce qui a permis le vote d’une résolution anti-implantations, a déclaré mercredi dans un communiqué qu’il craignait que Kerry, « par son discours et pas ses actes [aux Nations unies] ait renforcé les extrémistes des deux côtés. »

Dans un discours, qui a duré un peu plus d’une heure, Kerry a décrit les implantations comme l’obstacle central à la conclusion d’un accord entre Israéliens et Palestiniens. Il a également déclaré que les actions israéliennes en Cisjordanie mettaient « en grave danger » la solution à deux états, la seule voie vers la paix.

Kerry a affirmé que la construction dans les implantations de Cisjordanie était « positionnée stratégiquement à des emplacements qui rendent impossible la solution à deux états », et a déclaré que « le statu quo mène vers un état, ou l’occupation perpétuelle. »

L’extension des implantations, a-t-il déclaré « n’a rien à voir avec la sécurité d’Israël. »

« Si le choix est un état, Israël peut être juif, ou démocratique, mais pas les deux, et il ne sera jamais vraiment en paix », a-t-il prévenu.

John Kerry au secrétariat d'État, le 28 décembre 2016 (Crédit : capture d'écran YouTube)

John Kerry au secrétariat d’État, le 28 décembre 2016 (Crédit : capture d’écran YouTube)

« Nous comprenons tous qu’Israël affronte des menaces très sérieuses dans un environnement très dur, a déclaré Kerry. Les Israéliens sont, à juste titre, inquiets de s’assurer qu’il n’y aura pas un nouveau paradis terroriste à leur porte, citant souvent ce qui s’est produit dans la bande de Gaza [quand Israël a démantelé toutes les implantations et s’est retiré du territoire en 2005, et n’a récolté que des tirs de roquettes quasi quotidiens], et nous comprenons cela et nous pensons qu’il est possible de répondre à ces besoins de sécurité. »

Schumer a répondu que Kerry n’a peut-être pas compris réellement ces enchaînements d’évènements, déclarant que « bien que le secrétaire Kerry ait mentionné Gaza dans son discours, il semble avoir oublié l’histoire des implantations de Gaza, quand le gouvernement israélien a forcé les habitants à se retirer de toutes les implantations, et que les Palestiniens ont répondu en envoyant des roquettes sur Israël. C’est quelque chose dont les personnes de tous les bords politiques se souviennent vivement en Israël. »

Israël a retiré son armée de la bande de Gaza en 2005, et démantelé toutes les implantations du territoire. Les attaques à la roquette contre les communes du sud d’Israël ont été fréquentes peu après que le groupe terroriste du Hamas a renversé le Fatah de Mahmoud Abbas dans un violent coup d’Etat en 2007.

Mercredi également, avant le discours de Kerry, un autre responsable démocrate avait appelé le diplomate américain à ne pas donner de discours, affirmant qu’énoncer les paramètres d’un accord entre Israël et l’Autorité palestinienne serait en contradiction avec la politique de longue date des Etats-Unis.

Le Whip [chargé de faire voter les élus de son parti] démocrate de la Chambre des représentants, Steny H. Hoyer (Maryland), a déclaré que l’administration Obama ne devait « pas exposer une formule, qui sera inévitablement au désavantage d’Israël dans toute négociation. Les Etats-Unis doivent à présent prendre des mesures qui signalent au monde entier, sans équivoque, que nous continuerons à soutenir notre allié, Israël, alors qu’il cherche à construire un futur de paix et de sécurité en tant qu’Etat juif et membre égal [aux autres] dans la famille des nations. »

Dianne Feinstein (photo credit: Wikimedia Commons)

Dianne Feinstein (Crédit : WikiCommons)

Le seul soutien que Kerry a reçu des dirigeants démocrates provient de la sénatrice de Californie Dianne Feinstein, vice-président de la commission sénatoriale des Renseignements, qui avait également soutenu l’absentions américaine au Conseil de sécurité.

« Discours courageux du secrétaire Kerry. La sécurité pour Israël ne peut être accomplie que par la paix. Une solution à deux états est la seule voie vers la paix », a-t-elle écrit sur Twitter.