Une équipe d’urgence du Commandement passif de l’armée israélienne est arrivée jeudi au Mexique, où elle commencera à fournir de l’aide après que le pays d’Amérique centrale a été touché par un puissant tremblement de terre qui a tué au moins 272 personnes.

Le nombre de morts a augmenté après que le maire de Mexico, Miguel Angel Mancera, a déclaré que le nombre de morts confirmés dans la capitale était passé de 100 à 115. Une déclaration antérieure du gouvernement fédéral avait porté le bilan des morts à 230, dont 100 décès à Mexico.

Jeudi, les équipes mexicaines travaillaient encore frénétiquement pour sauver des personnes piégées dans plusieurs bâtiments qui se sont effondrés. Certaines équipes de l’armée israélienne devraient apporter leur aide aux opérations de recherche et de sauvetage, a déclaré l’armée.

La délégation israélienne est composée de 71 soldats et officiers qui avaient déjà commencé à fournir de l’aide, a déclaré un porte-parole de l’armée, mais ils ne pouvaient pas encore fournir des détails sur leurs activités.

Plus tôt dans la journée, l’armée a déclaré que, outre une petite équipe de recherche et de sauvetage, la délégation était composée principalement d’ingénieurs qui devraient aider à évaluer l’intégrité structurelle des bâtiments dans la ville de Mexico et dans d’autres zones touchées par le séisme. Il n’y a pas d’hôpital de campagne mais l’armée a précisé que cela pourrait être ajouté ultérieurement.

Le chef de la délégation de I'aide au Mexique, le colonnel Dudi Mizrahi et le Directeur général de l'Afrique et du Moyen-Orient du ministère mexicain des Affaires étrangères, Jorge Alvarez Fuentes (Crédit : Unité des porte paroles de l'armée israélienne)

Le chef de la délégation de I’aide au Mexique, le colonnel Dudi Mizrahi et le Directeur général de l’Afrique et du Moyen-Orient du ministère mexicain des Affaires étrangères, Jorge Alvarez Fuentes (Crédit : Unité des porte paroles de l’armée israélienne)

Mardi soir, le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait savoir que le Mexique avait demandé à Israël de l’aide après que Netanyahu a proposé de l’aide.

« Netanyahu a ordonné qu’une équipe d’aide et une opération de recherche et de sauvetage soient organisées pour quitter le Mexique le plus tôt possible », a déclaré son bureau.

Un homme sorti des décombres après un séisme qui a fait au moins 248 morts dans le centre du Mexique, le 19 septembre 2017. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)

Un homme sorti des décombres après un séisme qui a fait au moins 248 morts dans le centre du Mexique, le 19 septembre 2017. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)

La délégation devrait rentrer le 29 septembre avant la fêté de Yom Kippour, a déclaré le porte-parole. Le Grand rabbin de l’armée israélienne a accordé à la délégation une dispense spéciale pour voyager car l’équipe était en plein vol pendant la fêté juive de Rosh HaShana, lorsque ces activités sont généralement évitées pour respecter la loi religieuse.

Le chef de la délégation est le colonel Dudi Mizrahi, le commandant de l’unité de recherche et de sauvetage de l’armée et cela malgré le fait que la plupart des troupes soient composées d’ingénieurs.

« Ils aideront à inspecter les bâtiments — [à déterminer] dans quels bâtiments les gens peuvent entrer et quelles structures doivent être détruites », a déclaré le porte-parole de l’IDF.

La plupart des soldats de l’équipe dépêchée sont des réservistes.

Israël est souvent l’un des premiers pays à envoyer des délégations humanitaires dans des pays touchés par des catastrophes naturelles.

Les délégations israéliennes de secours en cas de catastrophe ont porté secours et fourni des services médicaux après un tremblement de terre en Turquie en 1999, un tremblement de terre en Haïti en 2010, un typhon aux Philippines en 2013 et, plus récemment, un tremblement de terre au Népal en 2015.

L’an dernier, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) des Nations unies avait déclaré qu’Israël était doté de la meilleure équipe médicale d’urgence du monde.

Le temps pressait jeudi à Mexico, deux jours après le violent séisme qui a fait au moins 272 morts, pour extraire des survivants d’une école effondrée où 21 enfants ont péri.

Depuis bientôt 48 heures, secouristes et bénévoles poursuivent sans relâche leurs recherches sur le site de l’institution privée Enrique Rebsamen, qui recevait des élèves du primaire et du secondaire. L’état de détérioration du bâtiment a obligé les secours à interrompre leurs opérations durant quelques heures et à limiter le nombre de personnes sur place, a constaté l’AFP.

« Les forces armées ont pris la décision de poursuivre les recherches, espérons qu’elles seront couronnées de succès bien que nous ne puissions compter sur la présence d’aucun proche » des enfants, a déploré le ministre de l’Education Aurelio Nuño sur la chaîne Televisa.

Cela fait « approximativement 12 heures » qu’aucun des parents d’élèves disparus ne s’est présenté devant l’école pour fournir des renseignements sur les enfants.

M. Nuño, qui se trouve sur place depuis 24 heures, a assuré que malgré les informations contradictoires, tout indique qu’au moins une élève est encore en vie sous les décombres.

« Nous savons qu’il y a une petite fille vivante à l’intérieur, mais nous ne savons pas comment l’atteindre (…) sans provoquer un effondrement et sans prendre des risques pour le personnel », avait déclaré auparavant à la télévision l’amiral José Luis Vergara, qui coordonne l’opération.

Les secouristes, les pompiers, les policiers, les soldats et les volontaires cherchent des survivants dans un bâtiment effondré au Mexique le 20 septembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / Yuri CORTEZ)

Les secouristes, les pompiers, les policiers, les soldats et les volontaires cherchent des survivants dans un bâtiment effondré au Mexique le 20 septembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / Yuri CORTEZ)

Tourisme sur les ruines

Dans cette école, au moins 21 élèves âgés de 7 à 13 ans ainsi que cinq adultes sont morts et une trentaine d’enfants restent portés disparus, selon les services de secours. Jusqu’à présent, 11 enfants et une maîtresse ont été extraits vivants des décombres.

Selon le dernier bilan de la Protection civile, qui s’était stabilisé ces dernières heures, on comptait 102 morts à Mexico, 69 dans l’Etat de Morelos, 43 à Puebla, 13 dans l’Etat de Mexico, cinq dans le Guerrero, un à Oaxaca. Un Taïwanais, une Panaméenne et un Espagnol font partie des morts, selon les autorités de leurs pays.

Dans des zones éloignées du centre de la capitale, comme Xochimilco, à l’extrême sud, où l’on compte de nombreuses maisons écroulées, l’aide matérielle et humaine arrive au compte-goutte.

« J’ai besoin de secouristes, hier (mercredi) on avait tout, et maintenant il n’y a personne. Ils viennent, font du tourisme sur les ruines et s’en vont », a déclaré à l’AFP un secouristes de 45 ans, qui a dit s’appeler Morales.

A Mexico, « 50 personnes ont été sauvées des décombres », a déclaré le président mexicain Enrique Peña Nieto, dans un message télévisé. « La priorité est toujours de sauver des vies ».

Selon les autorités locales, un homme resté coincé 26 heures et une femme de plus de 90 ans ont été secourus dans le nord de la ville. Les experts estiment qu’au bout de 72 heures l’espoir de trouver des survivants est presque nul.

Des habitants tentent de déblayer des ruines et de secourir des personnes coincées sous les décombres après un séisme qui a touché Mexico et fait au moins 224 morts dans le centre du Mexique, le 19 septembre 2017. (Crédit : Alfredo Estrella/AFP)

Des habitants tentent de déblayer des ruines et de secourir des personnes coincées sous les décombres après un séisme qui a touché Mexico et fait au moins 224 morts dans le centre du Mexique, le 19 septembre 2017. (Crédit : Alfredo Estrella/AFP)

Solidarité

Plusieurs pays, dont Israël, le Chili et le Salvador, l’Espagne et la Colombie ont annoncé l’envoi de renforts.

On compte une quarantaine de bâtiments écroulés à Mexico, mégalopole de 20 millions d’habitants, selon le maire Miguel Angel Mancera.

Les dégâts se concentrent dans le sud de la ville et les quartiers branchés de la Roma et la Condesa, connus pour leurs bars et restaurants et où résident de nombreux étrangers.

Dans la capitale, la solidarité des habitants est telle que les secours et les médias ont appelé la population à ne plus envoyer d’aliments périssables. Des listes établies par les secours recensent le matériel et les volontaires nécessaires, désormais sélectionnés.

Le séisme de mardi est survenu 32 ans jour pour jour après le puissant tremblement de terre de 1985, qui avait fait plus de 10 000 morts et reste un traumatisme national au Mexique.

l a surpris nombre de Mexicains, la technologie antisismique ayant connu des ratés mardi: l’alerte sonore censée prévenir en cas de séisme n’a pas fonctionné ou est intervenue trop tard.

Selon les experts, cela peut s’expliquer par la localisation de l’épicentre, au centre du pays, c’est-à-dire hors de la principale zone à risque, l’océan Pacifique, où l’on trouve une centaine de capteurs le long de la côte.

Cette nouvelle tragédie frappe un pays encore sous le coup d’un séisme de magnitude 8,2 — le plus puissant en un siècle au Mexique —, qui a fait une centaine de morts et plus de 200 blessés dans le sud du pays le 7 septembre.

Situé à la jonction de cinq plaques tectoniques, le Mexique est l’un des pays du monde où l’activité sismique est la plus forte.