Le président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas a critiqué la décision prise jeudi par Israël de désigner comme organisation terroriste le Fonds national palestinien, la qualifiant de tentative visant à faire dérailler les efforts américains de renouveler le processus de paix, ainsi que de violation « fondamentale » des accords d’Oslo.

Dans une déclaration publiée par Wafa, l’agence d’information officielle de l’AP, Abbas a expliqué que l’annonce faite durant une visite dans la région de l’envoyé spécial américain pour les négociations Jason Greenblatt est « une tentative israélienne d’obstruer et de saboter les efforts américains et de les déprécier ».

Greenblatt est dans la région depuis lundi, et a rencontré des responsables israéliens, palestiniens et jordaniens.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a déclaré jeudi que le Fonds était une organisation terroriste, accusant l’organisation liée à l’AP de fournir un « soutien massif » aux terroristes et de faire passer des « dizaines de millions de shekels » chaque mois aux prisonniers sécuritaires palestiniens et à leurs familles.

Le Fonds serait riche de milliards de dollars apportés par des donateurs arabes et issus de bénéfices d’investissements variés. Il est dirigé par Ramzi Elias Yousef Khoury, un membre haut placé de l’Autorité palestinienne.

Abbas a expliqué que l’initiative constituait une « violation fondamentale des Accords d’Oslo », signés en 1993, qui établissait les termes d’une relation entre Israël et l’AP. Il a indiqué que l’AP « rejette totalement » la décision de Liberman et appelle le gouvernement israélien à revenir dessus immédiatement, parce qu’elle « ferait exploser l’accord légal [qui soutient] la relation avec Israël ».

Le dirigeant de l’AP a appelé la communauté internationale à « rejeter cette décision pour protéger l’accord parrainé par les Etats-Unis et le monde entier ».

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant la Conférence sur la sécurité de Munich, le 19 février 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman pendant la Conférence sur la sécurité de Munich, le 19 février 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

En annonçant sa décision, Liberman a indiqué que « le Fonds a un rôle crucial dans le soutien financier apporté aux opérateurs terroristes palestiniens emprisonnés en Israël et il est utilisé comme parcours significatif de transfert d’argent ».

Il n’y a que peu de transparence ou de supervision du fonds, dont le contrôle final revient à Abbas, ce qui lui accorde une influence et un pouvoir considérables.

Selon une fiche d’information diffusée par l’ambassade palestinienne en Italie, les revenus du Fonds proviennent de contributions financières des gouvernements et des populations arabes, très substantielles dans le passé.

Pour déclarer que le Fonds était une organisation terroriste, Liberman a invoqué « la loi de lutte contre le terrorisme » d’Israël, adoptée en 2016.