Un peu moins de la moitié de la population israélienne (49 %) sera composée d’Arabes et de Juifs ultra orthodoxes d’ici 2059, selon les projections du Bureau central des statistiques (CBS) publiées jeudi par l’Israel Democracy Institute(IDI).

En 42 ans, la population de la communauté ultra-orthodoxe ou Haredi aura atteint 5,25 millions de personnes, soit environ 29 % du peuple israélien, selon les estimations. Les Israéliens qui s’identifient comme ultra orthodoxes représentent actuellement environ 9 % du peuple, selon les données publiées par CBS le mois dernier.

Les projections antérieures de CBS en 2012, il apparaissait que la population de la communauté ultra-orthodoxe augmenterait à environ 4,5 millions de personnes dans les décennies à venir.

On a estimé que la communauté arabe israélienne passerait d’1,8 million à 3,6 millions de personne, ce qui représente environ 20 % de la population en Israël. L’ensemble de la population israélienne devrait atteindre 18 millions d’ici 2059 (alors qu’elle est composée de 8,6 millions de personnes en 2017), avec 14,4 millions de Juifs.

Les projections du CBS ont été annoncées jeudi par l’IDI, la publication du rapport complet étant prévu la semaine prochaine.

Le docteur Gilad Malach de l’Institut israélien de la démocratie a mis en garde le gouvernement. Il affirme que les chiffres devraient servir de signal d’alarme au gouvernement qui devrait augmenter les efforts visant à intégrer les Arabes et les ultra-orthodoxes, qui sont traditionnellement pauvres, à la main-d’œuvre, tout en notant qu’il y a eu des progrès importants dans ce domaine pendant la dernière décennie.

« Il est temps d’arrêter de traiter les Arabes et les Haredim comme des risques qui sont un frein à la performance économique et commencer à les traiter comme des ressources qui pourraient placer l’économie israélienne dans le top 10 de l’OCDE », a déclaré Malach dans un communiqué.

Selon l’IDI, l’emploi chez les femmes arabes a augmenté de 57 % au cours des 10 dernières années, alors que l’emploi d’hommes ultra orthodoxes a grimpé de 30 % au cours de la même période.

Cependant, ces chiffres restent inférieurs par rapport au reste de la population, a indiqué l’IDI. Parmi les hommes juifs israéliens non ultra-orthodoxes, 87 % sont employés, tandis que 77 % des hommes arabes et 52 % des hommes ultra orthodoxes sont actifs sur le marché du travail.

De même, alors que 82 % des femmes juives israéliennes travaillent, 73 % des femmes ultra-orthodoxes et seulement 32 % des femmes arabes sont employées, selon l’IDI.

« L’investissement dans ces communautés au cours de la dernière décennie a conduit à des résultats positifs. Mais il y a encore un long chemin à parcourir », a déclaré Malach.

« Maintenant, nous devons nous concentrer sur l’amélioration de la qualité de l’emploi dans ces secteurs. Cela permettra d’améliorer le taux de productivité national d’Israël et de sortir les familles de la pauvreté ».