L’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) a accusé jeudi l’Autorité palestinienne de détenir des étudiants pour leurs opinions politiques, affirmant que certains d’entre eux avaient subi des mauvais traitements.

« Nous sommes très inquiets de voir des étudiants retenus par les forces palestiniennes sans aucune raison visible si ce n’est leurs liens avec le Hamas ou leurs opinions », a affirmé la directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du nord à HRW, Sarah Leah Whitson, citée dans un communiqué.

« Les Palestiniens devraient pouvoir exprimer leurs opinions politiques sans être arrêtés ou maltraités ».

Selon l’ONG, le 25 avril, trois jours après la victoire de la liste affiliée au Hamas — rival historique du Fatah du président de l’Autorité palestinienne– aux élections étudiantes à Bir Zeit, les forces de sécurité ont arrêté un de ses représentants. Jihad Salim a affirmé à HRW avoir été frappé et détenu pendant près de 24 heures.

Les interrogateurs « ont insulté ma mère, mes soeurs et m’ont giflé et donné des coups de poing pendant qu’ils me posaient des questions sur la façon dont le Hamas avait gagné les élections », a-t-il dit à HRW.

Ayman Abou Aram, ancien chef du conseil étudiant de Bir Zeit, la grande université proche de Ramallah où siège l’Autorité en Cisjordanie, a lui aussi été arrêté et retenu pendant 24 heures, selon son avocat. Il figurait également sur la liste Hamas.

En tout, selon Al-Dameer, une ONG palestinienne défendant les prisonniers, 25 étudiants de Bir Zeit ont été convoqués pour interrogatoire ou arrêtés et détenus après ces élections.

Au cours des derniers mois, Ayman Mahariq et Bara al-Qadi, deux étudiants en journalisme à Bir Zeit et à l’université Al-Quds, près de Jérusalem, avaient déjà été mis en détention.

En novembre, Ayman Mahariq a été retenu 30 jours pour des écrits critiques sur les forces de sécurité palestiniennes sur sa page Facebook. Il a affirmé avoir été « battu, frappé au ventre, giflé par des officiers ». Son procès doit s’ouvrir le 8 juin.

En janvier, Bara al-Qadi a été détenu 13 jours pour avoir critiqué un dirigeant palestinien sur sa page Facebook.

Interrogé par HRW, le porte-parole des services de sécurité palestinien Adnane al-Damiri a affirmé qu’il y avait bien eu des arrestations mais a démenti tout motif politique.

« Nous n’arrêtons jamais personne pour ses propos ou son affiliation politique, ces gens ont été arrêtés pour des charges criminelles », a-t-il affirmé.