L’Etat islamique (EI) est à l’agonie mais le pire reste à venir, a indiqué vendredi l’ancien chef du bureau de lutte contre le terrorisme israélien, le général de division Nitzan Nuriel, avertissant que le groupe terroriste pourrait mener une attaque chimique.

« La société occidentale doit s’habituer au fait que le terrorisme fait partie de notre vie », a déclaré Nuriel au micro de la radio militaire. « Nous devons nous y habituer, pas dans le sens où nous devons rester là à ne rien faire en attendant le prochain attentat, pas dans le sens où nous devrions arrêter d’aller à l’étranger ou arrêter de vivre, mais dans le sens où nous devons voir ce qui peut améliorer les actions ou les procédés qui nous permettront de repousser le prochain attentat et d’en faire une attaque qui ne fera pas un trop grand nombre de victimes. »

Nuriel, vétéran de l’armée israélienne dans laquelle il a passé trente ans, s’exprimait suite aux attentats terroristes de Barcelone et de Cambrils. Au moins 14 personnes ont été tuées et 130 personnes blessées dans les deux attaques, dont l’Etat islamique a revendiqué la responsabilité.

Nuriel a expliqué que même si le groupe est en profond déclin, sa capacité de nuisance était encore forte.

Nitzan Nuriel pendant une conférence en 2013. (Crédit : capture d'écran YouTube/ICT)

Nitzan Nuriel pendant une conférence en 2013. (Crédit : capture d’écran YouTube/ICT)

« Malheureusement, je fais partie de ceux qui disent : ‘je vous avais prévenu’, de ceux qui disaient que 2017 serait une année sanglante en Europe », a-t-il ajouté.

« Je pense que le pire est encore à venir. Ce à quoi nous assistons est l’agonie de l’infrastructure physique de l’Etat islamique dans la région, et elle s’accompagnera regrettablement de nombreux incidents de ce type et pire. Je pense, par exemple, qu’un attentat terroriste chimique est devant nous », a-t-il dit, précisant que « l’Etat islamique en a les connaissances, les capacités et les moyens. Je pense qu’il a déjà pris sa décision. Ce qui reste à connaître, c’est l’opération au cours de laquelle il aura lieu. »

Nuriel a expliqué que tous les aspects d’un tel attentat, notamment les modes d’obtention d’armes et de matières premières, pouvaient être facilement gérés par des cellules terroristes situées dans des pays européens et entraînées pour de telles missions.

Il a ajouté qu’il fallait une sensibilisation plus importante partout où c’est possible afin d’intercepter et d’empêcher d’autres attaques terroristes. Et la prévention relève de la responsabilité de tous, a-t-il dit. « La prévention est quelque chose de local et les autorités municipales peuvent le faire pour minimiser la possibilité que de tels événements surviennent à nouveau. »

« Ce qu’il faut, c’est obtenir une situation où de tels incidents, lorsqu’ils se produisent, s’achèvent au bout de 10 à 15 secondes de manière à ce qu’un conducteur ne puisse pas avancer sur 530 mètres, soit parce que nous avons préparé, à l’avance, des barrages routiers qui peuvent être mis en place immédiatement, ou grâce à une intervention des forces de sécurité déployées sur place avec des armes d’assaut. »