Suite à une enquête, l’armée a déterminé vendredi que les habitants d’implantations ont été attaqués les premiers par des jets de pierre émanant de Palestiniens au cours d’une randonnée aux abords du village de Qusra et que c’est à ce moment seulement qu’ils ont ouvert le feu, tuant un Palestinien.

Dans un communiqué, l’armée a indiqué qu’il y a eu un délai d’approximativement vingt minutes dans la réponse des soldats en raison des difficultés rencontrées pour localiser le site. Un petit contingent est arrivé 20 minutes après et des renforts ont été appelés pour venir à la rescousse, ont noté les militaires.

L’armée israélienne a indiqué que les randonneurs – quelques dizaines de jeunes et deux adultes armés qui les escortaient – n’ont pas coordonné leur périple en amont ou obtenu la permission des militaires pour entrer dans la zone, comme l’exige le protocole.

De futures visites dans le secteur ne pourront être autorisées qu’avec un accompagnement militaire, ont fait savoir les soldats.

« L’armée israélienne a un système de coordination des déplacements qui autorise tous les randonneurs à être maintenus en sécurité dans une zone qui exige une préparation sécuritaire », ont dit les militaires dans un communiqué.

L’enquête initiale a été conduite par le chef de la brigade régionale de Samarie, le colonel Gilad Amit, responsable de la protection de la zone.

L’armée a fait savoir qu’elle se penchait sur des informations faisant état d’un deuxième Palestinien blessé par des tirs israéliens au cours des affrontements survenus dans le nord de la Cisjordanie. Il aurait reçu une balle à la jambe et aurait été pris en charge à l’hôpital.

« Les troupes continueront à opérer afin de garantir la sécurité des résidents de la zone et de permettre des randonnées sûres en Judée, Samarie et dans la vallée du Jourdain », a fait savoir l’armée, utilisant les termes bibliques pour les régions de la Cisjordanie.

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, à la Knesset, le 10 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Vendredi matin, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a expliqué que les deux habitants d’implantations israéliennes qui ont ouvert le feu sur des Palestiniens avaient fait un geste « d’auto-défense », même si la police les a interrogés en présumant un homicide involontaire.

La police avait expliqué que les hommes étaient soupçonnés d’homicide involontaire par imprudence. Un porte-parole avait souligné qu’il ne s’agissait que d’un soupçon initial. Ils avaient été relâchés par les forces de l’ordre qui les avaient placés en détention, peu après leur interrogatoire.

De plus, au moins l’une des armes à feu des hommes avait été saisie, avait indiqué le responsable de la police.

Liberman a semblé avoir tiré ses propres conclusions, déclarant sur Twitter que les Palestiniens avaient tenté de « lyncher » les enfants et que l’usage des armes en auto-défense est une valeur morale « défendue dans toutes les démocraties ».

« Mes remerciements à l’escorte armée qui a sauvé les randonneurs d’un danger clair et présent pour leurs vies », a-t-il dit.

Jeudi, les deux hommes escortaient un groupe de plusieurs douzaines de jeunes à l’occasion d’une randonnée organisée dans le secteur dans le cadre des fêtes organisées à l’occasion d’une bar mitzvah. Ils ont indiqué qu’alors qu’ils avaient traversé le village de Qusra, des dizaines d’habitants avaient commencé à leur jeter des pierres.

Des soldats de l’armée israélienne s’occupent de Mahmoud Zaal Odeh après qu’il a été blessé par un habitant d’implantation israélien aux abords du village de Qusra le 30 novembre 2017 (Autorisation)

L’un des hommes, qui était armé d’un fusil d’assaut de type M-16, a ouvert le feu dans ce qu’il a estimé être un geste d’auto-défense, tirant sur un Palestinien, identifié sous le nom de Mahmoud Zaal Odeh, 48 ans, qui est mort.

Au cours des dernières années, il y a eu de multiples habitants d’implantations israéliennes, originaires de l’avant-poste illégal voisin d’Esh Kodesh, qui ont tenté d’entrer à Qusra, notamment des soldats armés qui n’étaient pas en service.

Dans certains cas, les Israéliens ont été attaqués avec des pierres. Dans d’autres, ils ont été arrêtés par les Palestiniens locaux et livrés aux forces de sécurité israéliennes.

Dov Lieber a contribué à cet article.