Les autorités fiscales israéliennes ont annoncé mercredi avoir inclus deux nouveaux sites dévastés par la vague d’incendie du mois dernier comme ayant été causés par des actes de pyromanie. Suite à cette décision, les victimes sont désormais éligibles à des indemnités de la part de l’État.

« Les autorités fiscales annoncent qu’au regard des nouvelles informations qui nous ont été communiquées par la police israélienne et par les services des sapeurs-pompiers au sujet des incendies de Beit Meir et de Har Halutz, qu’il s’agissait d’actes pyromanes. Ces incidents sont donc considérés comme des dommages pouvant être indemnisés selon les lois des impôts fonciers et des fonds d’indemnisation », selon un communiqué.

Le communiqué souligne que ces deux incendies viennent s’ajouter aux neufs lieux annoncés le mois dernier. Cette liste incluait Haïfa, ville très violemment touchée dans laquelle entre 400 et 530 logements ont été complètement détruits la ville de Zikhron Yaacov ; l’implantation de Tal-El au nord du pays ; Nataf, dans les montagnes de Jérusalem et les implantations de Dolev, Gilon, Talmon, Nirit et Halamish (Neve Tzuf) en Cisjordanie.

« En incluant Beit Meir et Har Halutz, les autorités ont désormais examiné tous les incendies de cette récente vague dont les victimes sont éligibles à indemnisation », poursuit le communiqué.

Les autorités fiscales ont cité des incendies spécifiques, ayant démarré à un instant précis.

Normalement, les pertes imputables aux feux de forêts ne sont assurées que par des assurances complémentaires, en plus de l’assurance habitation de base, qui couvre les sinistres telles que les catastrophes naturelles et les crash aériens sur des immeubles.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est rendu dans le village de Beth Meir, dans les collines de Jérusalem, qui a été ravagée dans la nuit du 24 au 25 novembre 2016. (Crédits : Kobi Gideon/GPO)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est rendu dans le village de Beth Meir, dans les collines de Jérusalem, qui a été ravagée dans la nuit du 24 au 25 novembre 2016. (Crédits : Kobi Gideon/GPO)

Les pertes financières dues aux incendies dans ces onze localités sont désormais considérées comme des « dommages de guerre », et seront donc couvert par le fonds d’urgence pour les victimes du terrorisme.

Bien que le gouvernement affirme que certains feux ont démarré suite à des actes de négligence, puis renforcés par des pyromanes, les autorités fiscales soutiennent que tous les dommages subis dans les localités mentionnées seront assurés par des indemnités de l’État, qu’il s’agisse d’un incendie volontaire ou non.

Au total, 1 773 incendies ont été gérés par les autorités, du 18 au 26 novembre, selon le porte-parole des sapeurs-pompiers israéliens. La police a annoncé qu’elle estime que plusieurs dizaines d’incendies ont été déclenchées volontairement.

Les autorités estiment qu’environ 13 000 hectares de terre ont été dévastés par les flammes, soit 30 % de plus qu’en 2010 lors de l’incendie du Carmel qui a coûté la vie à 44 personnes. La mairie de Haïfa a déclaré que les feux ont ravagé 2 800 hectares de terre à l’intérieur de la ville. Au moins 60 000 résidents ont dû être évacués pendant que les pompiers luttaient pour maîtriser un feu qui s’était engouffré dans une dizaine de quartiers à proximité de la forêt du Carmel.

Un avion bombardier d'eau aide à éteindre les flammes qui ravagent Haïfa, le 25 novembre 2016. (Crédit : AFP/Menahem Kahana)

Un avion bombardier d’eau aide à éteindre les flammes qui ravagent Haïfa, le 25 novembre 2016. (Crédit : AFP/Menahem Kahana)

La lutte contre les flammes a été l’une des opérations les plus difficiles qu’il a été donné d’affronter aux sapeurs-pompiers israéliens. Près de 2 000 pompiers ont été mobilisés, certains ont enchaîné des services de 24 heures aux côtés des soldats du Commandement de la Défense passive et de 69 pompiers chypriotes. L’Autorité palestinienne a également, dans un geste exceptionnel, envoyé des équipes en renfort.

Quatorze avions de l’escadron des bombardiers d’eau israéliens, ainsi que 19 avions supplémentaires envoyés par 10 pays ont réalisé 670 sorties aériennes et ont versé 1,62 millions de litres d’eau et de mousse au dessus des flammes.

Au total 20 000 agents de police ont été mobilisés pour cette opération à travers le pays.

35 personnes ont été arrêtées dans le cadre des enquêtes sur ces feux, mais elles ont presque toutes été relâchées.