Les médias turcs ont, ces derniers jours, publié de nombreux articles affirmant que presque 70 ans après l’émigration en Israël de la vaste majorité des Juifs kurdes, le dirigeant kurde Masoud Barazani avait signé un accord secret avec Israël pour lancer le retour de leurs descendants.

Ces théories alarmistes affirment que ce rapatriement de masse aurait lieu après un référendum unilatéral sur l’indépendance qui sera organisé par le gouvernement régional du Kurdistan le 25 septembre, selon le site d’information Al-Monitor, basé à Washington, qui a rapporté ces informations mercredi.

Al-Monitor a estimé que « cette histoire sensationnelle, si ce n’est difficile à croire », attribuée à un magazine intitulé Israël-Kurde, est apparue sur plusieurs sites pro-gouvernementaux, notamment Yeni Akit et Aksam.

Une grande partie de la communauté juive kurde a émigré en Israël après la fondation de l’Etat juif. Il y aurait aujourd’hui presque 200 000 Juifs israéliens d’origine kurde, la moitié vivant à Jérusalem. Barazani – le surnom du président du gouvernement régional du Kurdistan, Masoud Barazani, d’après la ville de Barazan – est également un nom commun parmi les Juifs kurdes.

Cette information est tellement improbable que le ministère des Affaires étrangères a même refusé de la commenter.

Mardi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a répété son soutien à l’indépendance kurde, sans aller jusqu’à appuyer le référendum.

Des immigrants d'Irak et du Kurdistan descendent de leur avion à leur arrivée en Israël, qu'ils ont rejoint via Téhéran, à la fin du printemps 1951 (Crédit :Teddy Brauner, GPO)

Des immigrants d’Irak et du Kurdistan descendent de leur avion à leur arrivée en Israël, qu’ils ont rejoint via Téhéran, à la fin du printemps 1951 (Crédit :Teddy Brauner, GPO)

La présence juive en Mésopotamie remonte à la conquête assyrienne du royaume d’Israël en l’an 722 avant l’ère commune, et la conquête babylonienne des tribus du sud d’Israël en l’an 586 avant l’ère commune.

Tandis que quelques Juifs kurdes s’étaient établis dans la ville de Safed, au nord de la Galilée, au 16e siècle, et que d’autres avaient immigré au début du 19e siècle, c’est au moment – et juste après – l’indépendance d’Israël en 1948 que les violences anti-juives ont obligé presque toute la communauté à partir s’installer dans le tout nouvel Etat juif.