Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) revient sur sa condamnation du geste controversé de la quenelle, affirmant qu’elle n’est pas nécessairement antisémite, lors d’une interview donnée au quotidien Le Figaro.

Suite à la décision rendue par la Fédération anglaise de Football qui punit Nicolas Anelka pour son geste, Roger Cukierman réagit : « Dans un lieu quelconque, c’est un geste de révolte un peu anarchique contre l’establishement qui ne mérite pas une sanction sévère, a ainsi assuré Roger Cukierman. Ce geste a une connotation antisémite seulement dans l’hypothèse où il est fait devant une synagogue ou un lieu de mémoire de la Shoah. »

Mais lorsqu’elle est effectuée dans un lieu « sans aucun rapport quelconque avec le judaïsme, il me semble qu’il s’agit d’un geste « anarchiste » contre le système, qui, semble-t-il, ne mérite pas une sanction aussi sévère, » ajoute-t-il.

Nicolas Anelka a publié la vidéo du Figaro sur Twitter accompagné du message suivant : « Rien à ajouter. »

Mardi 21 janvier, la Fédération anglaise a annoncé que Nicolas Anelka risquait une suspension d’au moins cinq matchs pour mauvaise conduite aggravée, car elle « comprenait une référence d’origine ethnique et/ou de race et/ou de religion, ou de conviction. » En effet, le joueur avait accompli le geste de la quenelle, lors d’une rencontre sportive qui s’est déroulée le 28 décembre dernier.

http://www.youtube.com/watch?v=aYWpnFU4DNM

Le 26 décembre, Roger Cukierman avait été cité par Le Point et sur le site du Crif : « Nous sommes très préoccupés par l’impact de ce geste, que nous considérons comme un salut nazi. »

La quenelle a été reprise par Dieudonné M’bala M’bala, un humoriste antisémite. [A l’origine, il s’agissait du personnage principal du film de Stanley Kubrick, Docteur Folamour, qui n’arrivait pas à réprimer son geste.]

En décembre, le Crif avait demandé et obtenu une audience spéciale avec le président François Hollande pour discuter de la quenelle et examiner les différentes actions menées par Dieudonné.

Le 31 décembre dernier, le ministre de l’Intérieur français Manuel Valls a déclaré lors d’une conférence de presse : « Ce geste est un geste de haine, c’est un geste antisémite et tous ceux qui l’exercent doivent savoir – ils ne peuvent nier – qu’ils effectuent un geste antisémite, un geste du salut nazi inversé. »