Le seul parlementaire juif du parti au pouvoir en Autriche est actuellement opposé au transfert de l’ambassade du pays de Tel-Aviv à Jérusalem.

Dans un entretien par courrier électronique avec le Times of Israël, Martin Engelbert, un nouveau législateur du Parti populaire (OeVP), a approuvé le consensus international sur le sujet, arguant que de telles mesures ne devraient être prises qu’après la signature d’un accord de paix israélo-palestinien.

Engelbert – un membre actif de la communauté juive de Vienne – a prêté serment jeudi. C’est la première fois que deux Juifs siègent au parlement depuis la Seconde Guerre mondiale. L’autre est David Lasar, un législateur de second mandat pour le Parti d’extrême-droite (FPÖ).

L’OeVP, qui avec 31,5 % des voix est devenu le plus grand parti de l’Autriche lors des élections du 15 octobre, mène des négociations de coalition avec le FPÖ. Au regard de son histoire, beaucoup de Juifs considèrent le FPÖ comme un refuge pour les néo-nazis et les politiques populistes actuelles. Israël a une politique de non-contact avec le FPÖ, bien que certains membres du parti Likud plaident en faveur d’un changement.

Le FPÖ et l’OeVP sont très attendus sur un accord concernant la mise en place d’un gouvernement dans les prochaines semaines.

En juin, le dirigeant du FPÖ, Hans-Christian Strache, a promis de relocaliser l’ambassade d’Autriche s’il accédait au pouvoir. Dans une lettre adressée au Premier ministre Benjamin Netanyahu au début de l’année, il a dit qu’il prendrait l’initiative de faire tout ce qui est en son pouvoir, que ce soit législatif ou exécutif, pour déplacer l’ambassade de son lieu actuel, Ramat Gan, à Jérusalem.

La lettre du chef de l’extrême-droite Hans Christian Strache, adressée à Netanyahu

Il était « totalement absurde de ne pas installer notre ambassade d’Autriche à Jérusalem, comme nous le faisons dans d’autres capitales d’autres pays du monde », a-t-il ajouté. Dans la lettre, il a également affirmé le «droit d’Israël à construire partout où il est nécessaire en Terre d’Israël».

Mais Engelbert, un psychologue et écrivain de 58 ans, originaire de Vienne, a indiqué que son parti et son chef, le chancelier élu Sebastian Kurz, ne souhaitent pas déménager l’ambassade.

« La position internationale sur ce sujet est claire », a-t-il déclaré au Times of Israël. « De notre point de vue, ce n’est pas le bon moment pour en parler. Une solution négociée [entre Israéliens et Palestiniens] doit être la base de tous les futurs mouvements possibles.  »

Interrogé sur la position de son parti concernant les implantations israéliennes, il a répondu : « Sebastian Kurz et son nouveau parti populaire continueront à exprimer clairement et à démontrer leur amitié, leur lien et leur responsabilité pour Israël à l’avenir. »

Il n’a pas souhaité clarifier sa position, ni celle de Kurz à ce sujet.

Engelbert, éditeur du magazine NU – Jewish magazine on culture for culture and politics, a également été très prudent en parlant du FPÖ, qualifiant le parti de « populiste » mais n’approuvant pas le fait qu’Israël ait une politique de non-contact à son égard.

« Le Parti de la liberté est l’un des partis populistes en Europe, qui a réalisé ces dernières années de grands progrès dans les sondages. Parmi eux, il y a de fortes différences : il y a des populistes de droite mais aussi de gauche et ceux qui ne rentrent pas dans ces catégories « , a-t-il dit.

Le Front national français ne peut être comparé au Parti pour la liberté des Pays-Bas et l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) n’a rien à voir avec le FPÖ autrichien, a-t-il ajouté.

La communauté juive autrichienne et de nombreuses organisations juives dans le monde ont appelé Kurz à ne pas construire une coalition avec le FPÖ, citant le passé problématique et les positions actuelles du parti, qui, selon les critiques, sont racistes et xénophobes.