Cette année a été marquée par des tendances à la fois inquiétantes et encourageantes dans le domaine des droits de l’Homme en Israël, selon un rapport publié par une ONG des droits civils israéliens.

Le conflit de 50 jours à Gaza pendant l’été a créé un environnement dans lequel la dissidence a été réduite et les minorités visées, selon une étude de l’Association pour les droits civils d’Israël, intitulée « Les droits de l’Homme en Israël 2014 ».

Le rapport cite l’arrestation d’environ 1 500 Israéliens arabes pour leur implication dans des manifestations contre l’opération israélienne à Gaza, et le renvoi illégal ou la réprimande d’au moins 70 Arabes israéliens qui s’étaient publiquement opposés la guerre.

Selon le rapport, tout au long de la guerre, les Arabes israéliens étaient victimes de discrimination dans les rues.
Certains députés ont exhorté à punir plus sévèrement leur collègue du parti Balad, Hanin Zoabi, suspendue pendant six mois pour plusieurs déclarations virulentes. Et certains députés de droite ont proposé un projet de loi pour retirer à l’arabe son statut de langue officielle d’Israël.

L’étude cite également les tensions accrues à Jérusalem, où les Arabes ont subi des attaques dans les rues de la ville et se sont plaints de l’utilisation d’une force excessive par la police. Des attentats, dont certains mortels, commis par des résidents palestiniens de Jérusalem-Est sur des Juifs se sont succédé depuis les combats de l’été.

Le rapport dénonce des lacunes en matière de protection des civils : « Des présidents de Conseil ont été envoyés pour recueillir des dons pour financer des abris ; des évacués de Gush Katif, des immigrants et d’autres populations vivant dans des caravanes ont été laissés sans protection ; des travailleurs agricoles étrangers et des habitants des villages bédouins ont été laissés sans aucune protection. »

Malgré ces préoccupations, certains signes positifs se sont profilés en 2014, selon l’étude. Elle souligne le succès législatif dans des commissions gouvernementales sur la pauvreté, la santé publique, le logement abordable et l’accès à l’eau.

En outre, le ministère de l’Intérieur s’est efforcé de combler les lacunes entre les conseils locaux riches et pauvres, et de traiter des questions transgenres.

Plus tôt cette année, une série d’attaques de type « Prix à payer » ont visé des communautés israélo-arabes. Perpétrées par des militants d’extrême-droite juifs israéliens, les attaques allaient de graffitis sur des mosquées et des commerces à des pneus de voitures appartenant à des Arabes volontairement creuvés.

Les tensions se sont exacerbées lorsque des extrémistes juifs ont enlevé et brûlé vif un adolescent palestinien, Mohammed Abu Khdeir, le 2 juillet, dans une attaque de vengeance suite à l’enlèvement et à l’assassinat de trois adolescents juifs israéliens par des membres du Hamas en juin. Révoltés par l’incident, les Arabes israéliens se sont réunis dans des manifestations de masse à Jérusalem et au nord d’Israël.

Les manifestants ont bloqué des routes et brûlé des pneus et des vandales ont endommagé des stations de tramway de Jérusalem dans la partie orientale de la ville. Les manifestations se sont poursuivies à travers Israël pendant la guerre.

Des milliers de Juifs israéliens, il convient de le noter, ont protesté aux côtés des Arabes pendant la guerre – et une poignée de ces manifestants juifs ont été arrêtés.

L’étudiante en biotechnologie Alaa Taha, 25 ans, a perdu son emploi de contrôleuse de qualité dans une usine de matières plastiques peu de temps après son arrestation lors d’une manifestation le 18 juillet.

Ses patrons lui ont dit qu’elle était renvoyée pour une erreur commise quelques mois plus tôt, raconte Taha, qui en doute. Pour commencer, dit-elle, elle n’a toujours pas reçu sa dernière paie ou une lettre de résiliation qui lui permettrait de recevoir des prestations de chômage.

« Je ne sais pas quoi dire, mais c’est du racisme », dit-elle. « Je suis allée à une manifestation. Je n’ai rien fait. Nous avons juste crié et c’est tout. C’est un Etat démocratique. Où est la démocratie ? »

JTA a contribué à cet article.