Une enquêter menée par une chaîne de télévision israélienne a découvert que certaines confréries chargées des enterrements tentaient d’empêcher des familles de gays, hommes et femmes, d’enterrer leurs chers disparus dans certains cimetières, suscitant des réactions furieuses de la part des politiciens, des militants de la cause LGBT et de certains religieux.

Des responsables des confréries chargées des funérailles dans au moins quatre villes ont déclaré chercher à enterrer un défunt dans un autre cimetière s’il s’avérait qu’il s’agissait d’un homosexuel, ou faire en sorte que sa dépouille ne soit pas ensevelie dans la même section que les Juifs religieux.

“Si vous pouvez l’enterrer ailleurs, c’est préférable pour éviter les contrariétés”, explique ainsi le représentant de l’une de ces confréries à Netivot, des propos enregistrés par la chaîne de télévision. Un responsable d’Atlit suggère également que le défunt soit enseveli dans une ville située à proximité.

A Rosh Haayin, un représentant indique pour sa part que l’enterrement sera fait “tranquillement” dans une zone située au bord du cimetière.

“Nous n’allons pas enterrer quelqu’un qui a respecté les commandements de la Torah et [juifs] à côté de quelqu’un comme ça”, dit-il dans l’enregistrement.

A Kiryat Motzkin, un faubourg de Haïfa, le représentant de la confrérie chargée des funérailles indique à la chaîne qu’un couple gay s’est trouvé dans l’impossibilité de réserver deux parcelles conjointes comme un couple hétérosexuel marié et qu’ils seront donc ensevelis séparément « dans le mur ».

“Si vous n’avez pas une épouse conformément à la loi religieuse, vous ne pouvez pas utiliser un emplacement familial consacré à un mari et à sa femme. Nous respectons la Halakha, monsieur, celle des Juifs ».

Les pratiques décrites dans le reportage ont été largement condamnées. Selon la Deuxième chaîne, la parlementaire Yael German du parti Yesh Atid va convoquer une réunion en urgence à la Knesset pour traiter ce problème.

“Israël a des lois qui interdisent ce genre de discrimination, mais force est de constater qu’elles ne sont pas appliquées”, a commenté Oded Fried, ancient président d’Aguda – le groupe de travail national en faveur des droits LGBT en Israël, qui a appelé la Knesset à agir de manière à ce que tout le monde soit traité « à égalité ».

Certains leaders religieux ont également dénoncé ces pratiques.

“Si les détails contenus dans ce reportage sont vrais et si les confréries chargées des enterrements ou leurs représentants refusent d’ensevelir des individus en raison de leur orientation sexuelle durant leur vie sur terre, ils contreviennent à la loi juive et désacralisent les défunts”, a déploré le Rabbin David Stav, chef de Tsohar, un groupe de rabbins orthodoxes dont l’objectif est de créer des liens entre les Juifs religieux et les Juifs laïques en Israël.

Stav, s’adressant au site Internet Srugim, a noté que jamais les confréries n’avaient fait la différence entre les religieux pratiquants et ceux qui ne l’étaient pas.