En réponse à une demande déposée à la Cour suprême de Justice par les résidents de l’avant-poste de Netiv Haavot, l’État a déclaré lundi qu’il soutenait la proposition des résidents, qui souhaitent garder certaines des 15 maisons dont la démolition est prévue pour le mois de mars.

Bien qu’aucune des maisons de ce quartier, situé en périphérie de l’implantation d’Elazar, ne soit construit entièrement sur des terrains palestiniens privés, six d’entre elles empiètent sur quelques 300 mètres.

Dans leur appel déposé la semaine dernière, qui a reçu le soutien du gouvernement, les résidents ont affirmé que les six maisons n’ont pas besoin d’être rasées. Ils ont suggéré une solution alternative, proposant de ne démolir que les « parties problématiques » des maisons qui empiètent sur les terrains palestiniens privés, ce qui permettrait de laisser le reste de la maison intact.

Même si l’État approuve les positions exprimées par les résidents des implantations, le gouvernement a indiqué qu’ils seront chargés de retirer ces « parties problématiques » si la Cour suprême statue en leur faveur.

Photographie aérienne de l'avant-poste de Netiv Haavot. Les zones colorées ont été désignées terres d'État par la Cour Suprême. Les 17 structures en dehors de cette zone devraient être démolies. (Crédit : Autorisation)

Photographie aérienne de l’avant-poste de Netiv Haavot. Les zones colorées ont été désignées terres d’État par la Cour Suprême. Les 17 structures en dehors de cette zone devraient être démolies. (Crédit : Autorisation)

Quant aux neuf autres maisons qui doivent être rasées, l’État a indiqué qu’il continue à chercher des solutions alternatives, mais que leur présence, plus loin dans les terrains palestiniens, ne peut pas être gérée de la même façon que les six premières maisons.

Pendant une conférence de presse le mois dernier, le ministre de la Défense Avigdor Liberman a indiqué que son bureau se prépare à évacuer les logements, en accord avec la décision de la Cour suprême. Cependant, il cherche également à donner aux résidents un autre terrain dans un « quartier voisin », qui permettrait à leurs enfants de « rester dans le mêmes structures scolaires. »

Dans un communiqué diffusé quelques heures après la publication de la réponse, les résidents de Netiv Haavot ont remercié l’État pour son soutien. Cependant, ils ont déploré le fait qu’il n’a toujours pas « empêché la démolition inutile de neuf maisons supplémentaires. »

« La demande des résidents à la Cour suprême pour reconnaitre la réduction de la taille des maisons ne corrige ni l’injustice ni l’absurdité de la chose, mais au contraire, le met en avant », a déclaré Shlomo Neeman, directeur du conseil régional du Gush Etzion, où est situé l‘avant-poste.

Les résidents de Netiv Ha'avot protestent contre la décision de la Haute Cour de démolir 17 structures de leur avant-poste, manifestent à l'extérieur de la Knesset le 17 juillet 2017. (Crédit : Jacob Magid / Times of Israel)

Les résidents de Netiv Ha’avot protestent contre la décision de la Haute Cour de démolir 17 structures de leur avant-poste, manifestent à l’extérieur de la Knesset le 17 juillet 2017. (Crédit : Jacob Magid / Times of Israel)

L’association israélienne La Paix Maintenant a réagi violemment à la prise de position de l’État lundi soir, et a déclaré qu’il s’agissait d’une « tentative flagrante et consciente de modifier le jugement final. »

L’ONG a ajouté que la réaction de l’État crée un « dangereux précédent » qui donne prévalence à la position des résidents vis-à-vis de celle des « juges qui ont rendu la décision initiale. »

La Cour suprême se réunira mercredi pour rendre sa décision finale sur le futur des maisons de l’avant-poste.

Netiv Haavot a été fondé en 2001, pour agrandir l’implantation d’Elazar, située au sud-ouest de Bethléem. Les résidents du village voisin d’al-Khader et La Paix Maintenant ont déposé une demande à la Cour Suprême, indiquant que le terrain sur lequel cet avant-poste est construit appartient à des Palestiniens.

En septembre 2016, la Cour a statué que 17 immeubles de ce quartier étaient effectivement construits sur des terrains palestiniens privés, et a donc ordonné qu’elles soient détruites d’ici le 8 mars 2018.

Parmi les 17 structures concernées, on compte 15 logements appartenant à des résidents de ce quartier, un magasin d’ébénisterie et un monument à la mémoire de deux soldats tués au Liban.

Bien que les résidents d’al-Khader voulaient voir l’ensemble de l’avant-poste démoli, sous prétexte que le terrain leur appartenait initialement, la Cour suprême a statué que seulement deux bandes de terre au milieu du quartier étaient la propriété des Palestiniens. Le reste de l’avant-poste a été rétroactivement désigné comme terrain public.