Un an après le déclenchement de la guerre de l’été dernier à Gaza, l’armée a publié mardi une vidéo filmée par un commandant quelques jours avant qu’il soit tué au combat, ainsi qu’une nouvelle série de transmissions radio de la brigade d’infanterie Guivati, au matin du 1er août, connu sous le nom de « Vendredi noir », lorsque deux soldats ont été tués et un autre enlevé et probablement tué à Rafah.

Les deux soldats tués au combat sont le commandant Maj. Benaya Sarel et son opérateur radio, le sergent Liel Gidoni. Le Lt. Hadar Goldin a été enlevé puis déclaré mort sur la base de preuves héroïquement récupérées dans un tunnel du Hamas.

La vidéo montre un épisode de la guerre à travers les yeux de Sarel. Son frère, Yair, a déclaré à Ynet que Benaya portait deux caméras sur son casque, une civile et une militaire, pour filmer l’action. Miraculeusement, dit-il, aucune des caméras n’a fonctionné le matin où il a été tué.

Les images GoPro diffusées par l’armée mardi, ajoute-t-il, « étaient très émouvantes et montraient où se trouvait mon frère. Plus le temps passe, plus nous avons soif d’informations sur Benaya ».

Les émissions audio enregistrées, principalement entre le commandant du bataillon d’élite Gadsar et celui de la brigade Givati, le ​​colonel Ofer Winter, qui essaie de dresser un tableau de la situation sur le terrain, comprennent le moment où l’on transmet à Winter le code « Hannibal » – protocole militaire déclarant qu’un soldat a été enlevé.

L’ordre déclenche une série de mesures préventives énergiques destinées à contrecarrer l’enlèvement d’un soldat.

Créée en 1986, un an après un échange de prisonniers déséquilibré entre Israël et le Front populaire pour la libération de la Palestine, la directive « Hannibal » est controversée sur deux plans. Elle ordonne aux soldats de déjouer une tentative d’enlèvement, « même au prix de porter atteinte ou de blesser nos soldats », tout en interdisant aux soldats de Tsahal d’essayer de tuer le soldat enlevé.

À certains moments, cette distinction, qui pourrait signifier dans la pratique qu’un soldat pourrait tirer sur une escouade en fuite, mais non la bombarder avec un missile Hellfire, est floue pour les soldats sur le terrain.

En outre, les mesures prises pour contrecarrer l’enlèvement peuvent être sévères, causant des dommages collatéraux à grande échelle et même des pertes. Le 1er août fut la première fois où le protocole a été lancé dans un environnement urbain dense.

La manière dont il a été appliqué – des dizaines de Palestiniens auraient été tués dans l’action – est toujours à l’étude par Tsahal.

La communication radio commence avec le Maj. Nadav Danino, officier des opérations du bataillon de reconnaissance, informant que sa force est sous le feu. « Contact avec mon équipe – apparemment tunnel débouchant à l’intérieur d’une maison – j’ai été blessé dans la force – image plus précise de la situation dans une minute », dit-il en parlant en code radio de l’armée, qui, entre autres, appelle les blessés des « fleurs ».

Le QG de la brigade Givati ​​répond : « Bien reçu ».

Le lieutenant-colonel Eli Gino, commandant du bataillon Gadsar, déclare plus tard : « Contact près des serres que j’ai mentionnées. Pour l’instant, voilà ce que je peux dire. Dès que j’en sais plus, je vous le dis. »

Avec un avion parti à la recherche et les forces se précipitant sur les lieux de l’attaque du Hamas, qui a violé un cessez-le-feu tôt le matin, Winter parle à la radio et dit, d’un ton calme mais ferme : « Ceci est le commandant. Prenez note : la zone est pleine de souterrains – du moins d’après ce que nous voyons ici. Avez-vous trouvé une ouverture du tunnel ? »

Danino lui dit que les forces sont à la recherche de contacts autour du tunnel. « Nous avons annoncé Hannibal – Impossible de trouver un des blessés – Passons à une ouverture de tunnel – Allons commencer à avancer – Pour l’instant : Hannibal. »

« Vous avez annoncé Hannibal ? », demande Winter.

« Affirmatif. Hannibal est déclaré ».

« Allez. Procédez », dit Winter. « Allez. Cherchez un contact, ASAP, à vous. »

Winter était sous le feu pendant la guerre pour un message d’avant la bataille qu’il a envoyé aux troupes, qui présentatit la guerre en termes nettement politiquement corrects. En outre, l’un de ses commandants de bataillon, le lieutenant-colonel Liran Hajbi, a été reconnu coupable de comportement inapproprié envers une femme subordonnée, libéré du service et rétrogradé d’un rang.

Winter, cependant, qui sera promu brigadier général l’année prochaine – une sorte de promotion horizontale, au bout du compte, car c’est un poste de responsable du personnel dans le Commandement central de Tsahal et non une position de terrain – paraît, selon les enregistrements, garder le contrôle d’une situation complexe.

« Ceci est le commandant. Je veux que vous bougiez aussi vite que possible », dit Winter à Gino.

Plus tard, Gino lui apprend qu’il a une force dans le tunnel, dirigée par le lieutenant Eitan Fund, non nommé, qu’il suit dans le tunnel, et que les scouts de l’air devraient surveiller les personnes sortant du tunnel.

« Commandant, recevez : je viens de sortir du tunnel », explique Gino. « Les gars sont avec moi. »

« Bien reçu », dit Winter, « dis-moi quand tu sors du tunnel. J’attaque. »

Gino répond : « Nous avons trouvé des preuves de celui qui a été enlevé. »

Danino poursuit : « Bien reçu, les gars du tunnel sont de retour. Ils ont trouvé des preuves du Hannibal. Vous me recevez ?  »

Bien reçu, dit Winter, qui ajoute, « Attention : Maintenant, nous nous déplaçons, avançons vers l’avant, vous me recevez ? »