Le magazine Le Point rapporte les sévères conclusions du Contrôleur de l’Etat (équivalent israélien du président de la Cour des Comptes) sur l’efficacité des mécanismes de restitution des biens en Israël, ayant appartenu à des Juifs pendant la Shoah. A ce jour seul 15,6 % de ces biens ont été rendus à leurs héritiers légitimes.

Si le contrôleur reconnait la difficulté des démarches pour retrouver après des dizaines d’années les descendants des propriétaires, il pointe le manque d’efficacité de Hashava, l’organisme chargé de ces restitutions.

« Fin février de cette année, sur les 631 dossiers ouverts pour retrouver d’éventuels ayants droit, 547 étaient toujours en cours depuis plus d’un an, rappelle l’hebdomadaire. Tout cela alors qu’en dix ans le nombre des employés n’a cessé de croître, de même que le budget de fonctionnement ».

De plus, suite à un différend avec un organisme collaborateur, Hashava a cessé d’apporter son aide financière aux rescapés de la Shooah, autre volet de son activité.

Pour le contrôleur de l’Etat, cité par Le Point : « « L’État d’Israël est supposé servir d’exemple en matière de restitution des biens, que ce soit à travers Hashava ou via les institutions publiques afférentes. Toutes les parties concernées doivent coopérer afin d’activer la gestion des biens en déshérence, une justice historique pour Israël ».

Le montant des salaires des employés d’Hashiva, et le nombre important, ont aussi alarmé le contrôleur de l’Etat, qui préconise la mise en place d’une feuille de route claire, ainsi que la diminution du temps nécessaire aux restitutions.