L’ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, aurait essayé de persuader des membres de la Knesset de la Liste arabe unie, de s’abstenir ou d’être absents lors du vote à la Knesset qui vise à faire adopter un plan controversé sur le développement des réserves de gaz naturel d’Israël, a révélé mardi la radio militaire.

Un « oui » permettrait au cabinet de mettre en œuvre son accord avec le groupe Delek d’Israël et Noble Energy des États-Unis pour développer le champ de gaz Leviathan, qui se situe à quelque 130 kilomètres au large de la côte de Haïfa.

Apparemment, Shapiro voudrait que les députés de la Liste arabe unie – opposés à l’accord qui accordera des droits exclusifs pour le développement du champ à Noble et Delek – ne votent pas « non »,en s’abstenant ou en ne se présentant pas le jour du vote.

L’ambassadeur aurait discuté lundi du vote avec Ayman Odeh, qui est à la tête de la Liste arabe unie, et avec le député arabe Ahmed Tibi, a indiqué la radio militaire.

Les États-Unis sembleraient percevoir l’accord sur le gaz, qui permettrait à Israël de fournir de l’énergie à des alliés de l’Amérique comme l’Egypte ou la Jordanie, comme une force potentiellement stabilisatrice dans la région.

L’accord, qui a été approuvé par le cabinet de sécurité jeudi, indique que Delek doit vendre la totalité de sa part du champ Tamar et que Noble Energy doit vendre la plupart de ses avoirs dans les six ans. Delek doit vendre ses participations dans deux champs de gaz plus petits dans les 14 mois à venir.

Les entreprises vendent du gaz sur le marché israélien qui provient de Tamar, qui est rentré en production en 2013, et ont accepté de vendre du gaz aux pays voisins. Leviathan, le plus grand champ de gaz de la Méditerranée, n’a pas encore été exploité.

L’accord a été vivement critiqué par le directeur de l’Autorité de la concurrence, David Gilo, qui a affirmé qu’il cimentait un monopole de facto sur les réserves de gaz naturel d’Israël.

Après que Gilo a refusé de signer le contrat et qu’Aryeh Deri, le ministre de l’Economie, qui avait le pouvoir de l’approuver mais qui a refusé d’assumer cette responsabilité, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a cherché à transmettre l’affaire au Cabinet. Mais pour ce faire, il a besoin que la Knesset accorde au cabinet le pouvoir de décider.

Cependant, comme trois de ses ministres se sont récusés du vote, invoquant un conflit d’intérêts, le Premier ministre a été contraint de reporter le vote de la Knesset.

Mardi, Yuval Steinitz, le ministre des Infrastructures nationales, de l’Energie et de l’Eau, a révélé les détails de l’accord Noble-Delek, lors d’une conférence de presse – une décision à laquelle Netanyahu avait résisté jusque-là.

Les opposants à l’accord accusent le gouvernement de vendre les ressources naturelles d’Israël et accusent Netanyahu de céder à un monopole. Le Premier ministre affirme lui que ce n’est pas le cas.