Premier Ministre à trois reprises, ancien président de l’État d’Israël et Prix Nobel de la Paix en 1994, Shimon Peres était en déplacement en France cette semaine.

S’il se dit favorable à la reconnaissance d’un État palestinien, Shimon Peres s’interroge sur les moyens pour y parvenir : « Je crois que les déclarations sont plus aisées à faire mais elles ne constituent pas un accord : je préférerais emmener les deux pays vers une solution à deux Etats. Un Etat palestinien et un Etat israélien ».

La charge contre le gouvernement Netanyahu, même si elle se fait à fleuret moucheté, témoigne de l’opposition historique de la droite israélienne et du parti travailliste que Peres a soutenu pendant 50 ans (il a rejoint le parti centriste Kadima en 2006) : « il ne semble pas obtenir de bons résultats, c’est bien pour cela que de nouvelles élections sont organisées. Je n’en fais pas une question personnelle : je crois que je suivrais moi-même une politique différente ».

Rejetant le Hamas comme interlocuteur potentiel – il « n’a pas sa place dans l’ère moderne – et même s’il en appelle aux instances internationales comme l’ONU et l’Union Européenne, c’est selon lui « sur le terrain qu’il faut changer la situation ».

A 91 ans et en tant que dernier père fondateur de l’État d’Israël encore vivant, Shimon Peres veut conserver l’acharnement perpétuel vers une paix au Proche-Orient comme ligne de front : « je verrai mon pays en paix, j’en suis sûr à 100 %. Personne n’a cru à une paix avec l’Egypte ; nous l’avons ! »