Le président israélien Shimon Peres, pour sa dernière visite officielle aux Etats-Unis, s’est entretenu mercredi à Washington avec son homologue américain Barack Obama et a émis des doutes sur la capacité de l’Irak à préserver son unité.

« Le meilleur scénario serait que l’Irak reste un pays uni, mais je me demande si c’est possible », a déclaré M. Peres, après son entretien et un déjeuner avec Barack Obama à la Maison Blanche.

Selon M. Peres, qui doit quitter ses fonctions fin juillet, les pays étrangers n’ont pas à s’interposer pour régler les différends entre musulmans sunnites et chiites ou à « décider qui est le véritable héritier du (prophète) Mahomet ».

L’Irak, composé en majorité de chiites, fait actuellement face à l’avancée d’insurgés sunnites regroupés au sein de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), et dont les coups de boutoir font craindre pour l’avenir du pays.

Ces extrémistes sunnites se considèrent en effet comme les ennemis jurés des chiites qu’ils qualifient péjorativement de « Safavides », du nom d’une dynastie qui régna sur l’Iran de 1501 à 1736 et convertit ce pays au chiisme.

Shimon Peres a également dit avoir évoqué avec M. Obama les inquiétudes que nourrit Israël quant aux efforts de Washington pour parvenir à un accord sur le nucléaire iranien.

Il s’est dit partisan d’une solution à la syrienne, où les armes chimiques ont été démantelées et transportées hors de la Syrie. Sur le même modèle, il plaide pour que tous les composants qui pourraient entrer dans la fabrication de l’arme nucléaire en Iran soient acheminés hors du pays.

M. Peres devait aussi parler de Jonathan Pollard, un espion israélien emprisonné aux Etats-Unis.

Selon un responsable de la Maison Blanche, Barack Obama « a aussi fait part de sa vive inquiétude quant au sort des trois adolescents israéliens enlevés, dont l’un est également américain ».

Le président israélien Shimon Peres, à un mois de la fin de son mandat, a reçu jeudi la Médaille d’or du Congrès des Etats-Unis lors d’une cérémonie à Washington où il a confié son admiration pour le « rêve américain ».

« Beaucoup de gens disent de moi que je suis un rêveur », a déclaré dans un discours en anglais Shimon Peres, sous la rotonde du Capitole, siège du Congrès. « Je suppose que c’est pour cela que je me suis toujours senti chez moi aux Etats-Unis ».

« Après notre guerre d’indépendance, Ben Gourion m’a recommandé d’aller aux Etats-Unis pour apprendre l’anglais. +Apprends le rêve américain, c’est ce que tu dois faire+, m’a-t-il dit. Et c’est ce que j’ai fait », a poursuivi Shimon Peres. David Ben Gourion, mentor de M. Peres, est le fondateur de l’Etat d’Israël.

Rendant hommage à « l’amitié incroyable et incassable » liant les deux pays, le président israélien a affirmé que, « via l’assistance militaire et la coopération en matière de sécurité, ou par le soutien diplomatique et moral, vous nous avez envoyé un message clair: que nous ne sommes pas seuls ».

Le président de la Chambre des représentants, John Boehner, a qualifié Shimon Peres de « grand prototype de l’homme d’Etat israélien », en soulignant que c’était la première fois qu’un chef d’Etat israélien recevait cette distinction, accordée pour la première fois à George Washington, le premier président des Etats-Unis.

« Cette médaille envoie le message suivant à nos jeunes, et aux vôtres: ne devenez jamais cyniques, ne cédez jamais à l’opportunisme et sachez que l’Amérique se tiendra toujours aux côtés d’Israël, et des hommes et femmes de paix », a indiqué John Boehner.

« Vous êtes un ami légendaire », a ajouté le vice-président américain, Joe Biden.

Shimon Peres, 91 ans, considéré comme un « messager de la paix », quittera ses fonctions fin juillet pour être remplacé par Reuven Rivlin, un faucon de la droite israélienne.