Le président Shimon Peres a transmis vendredi ses condoléances à la famille du prix Nobel de littérature Gabriel García Márquez, disparu jeudi soir.

García Márquez, l’un des écrivains les plus admirés et les plus influents de sa génération, a su retranscrire le charme et les contradictions inhérentes à l’Amérique Latine à des millions de lecteurs.

Il est devenu le plus célèbre illustrateur du « réalisme magique », un mélange entre des éléments fantastiques et des descriptions de la vie quotidienne, qui rendent les éléments extraordinaires quasi-routiniers.

Dans une lettre adressée à la famille de l’auteur défunt, Peres écrit que « la Terre est devenue un endroit plus triste avec la disparition du grand rêveur qui racontait de si belles histoires à nos enfants et nous dévoilait, à nous les adultes, la vraie nature du monde. »

“Gabriel García Márquez avait la faculté magique de tisser des histoires qui touchaient les cordes les plus sensibles de nos cœurs et évoquaient des images d’amour et de désir qui sont devenues immortelles », ajoute Peres.

« J’ai eu le privilège de le rencontrer en Colombie et il a manifesté un vif intérêt pour la paix entre Israël et les Palestiniens. Il m’a dit : ‘Aussi longtemps que votre terre sera divisée, mon cœur sera brisé et je prierai chaque jour pour la paix.’ »

« Son beau message et sa prière d’espoir flotteront au-dessus des cieux d’Israël », conclut le président.

Le prix Nobel colombien de littérature Gabriel Garcia Marquez, considéré comme l’un des plus grands écrivains de langue espagnole, est mort jeudi à son domicile de Mexico quelques jours après avoir été hospitalisé pour une pneumonie.

« Mille ans de solitude et de tristesse pour la mort du plus grand Colombien de tous les temps », a annoncé le président colombien Juan Manuel Santos sur son compte Twitter, en référence à son chef d’oeuvre Cent ans de solitude, confirmant l’information du décès donnée quelques minutes auparavant par un journaliste mexicain.

L’œuvre qui lui a valu la célébrité et maintenant la postérité, est Cent ans de solitude, roman publié en 1967, traduit depuis en 35 langues et vendu à plus de 30 millions d’exemplaires.

Quelques heures plus tard, lors d’une allocution solennelle à la télévision, le président colombien a décrété un deuil national de trois jours.

« La Colombie entière est en deuil, puisqu’est parti le compatriote le plus admiré et le plus aimé de tous les temps », a commenté M. Santos. « Il a été, et je n’exagère pas, le Colombien qui, dans toute l’histoire de notre pays, a porté le plus loin et le plus haut le nom de notre patrie », a-t-il poursuivi.

Jeudi après-midi, de nombreux badauds s’étaient massés devant le domicile de « Gabo » de Mexico, dans le quartier cossu de El Pedregal de San Angel.

Ces derniers jours, il se trouvait selon sa famille dans un état de santé « très fragile ». Le 8 avril, il avait quitté un hôpital de Mexico après y avoir subi huit jours de traitement pour une pneumonie.

Le quotidien mexicain El Universal, citant des « sources dignes de foi », avait indiqué en début de semaine que le cancer lymphatique dont avait été victime Gabriel Garcia Marquez il y a 15 ans était réapparu et s’étendait maintenant au poumons, aux ganglions et au foie.

Une pneumonie probablement fatale

Mais M. Santos avait démenti cette version deux jours plus tard, affirmant que l’écrivain avait « souffert d’une pneumonie à un âge avancé ».

De son côté, la famille de Gabriel Garcia Marquez avait précisé que ce dernier se trouvait dans un état de santé « très fragile » mais « stable » dans sa maison de Mexico, sans faire allusion à un cancer.

Quelques heures après l’annonce du décès du prix Nobel de littérature, sa famille a informé par un communiqué que le corps serait incinéré « en privé », sans donner de précisions sur la date ou le lieu de la crémation.

La soeur de l’écrivain, Aída García Márquez, avait auparavant réclamé le retour du corps dans son pays d’origine, arguant que « Gabito est de Colombie », mais reconnaissant que la décision finale appartient à la veuve et aux enfants du défunt.

Dans un communiqué publié par la Maison Blanche, le président américain Barack Obama a estimé que « le monde a perdu l’un des ses plus grands écrivains visionnaires, et l’un des mes préférés quand j’étais jeune ».

Installé au Mexique depuis 1961, avec des périodes de séjour alternées à Carthagène (Colombie), Barcelone (Espagne) et La Havane, Garcia Marquez vivait depuis plusieurs années retiré de la vie publique et, lors de ses rares apparitions, ne faisait aucune déclaration à la presse.

Garcia Marquez avait fait sa dernière apparition publique le 6 mars lorsqu’il était venu à la porte de sa résidence du sud de Mexico, où il vit depuis plus de 30 ans, pour recevoir des journalistes venus lui rendre visite pour son anniversaire.

Le Colombien est considéré comme l’un des plus grands écrivains de l’histoire de la littérature de langue espagnole.

Le père du « réalisme magique » est l’auteur de quelques-uns des romans les plus populaires du XXe siècle comme Pas de lettre pour le colonel (1961), Chronique d’une mort annoncée (1981) et L’amour au temps du choléra (1985).

Il a reçu le prix Nobel de littérature en 1982. La célèbre académie avait alors salué une oeuvre « où s’allient le fantastique et le réel dans la complexité riche d’un univers poétique reflétant la vie et les conflits d’un continent ».

Sa dernière oeuvre, Mémoire de mes putains tristes, est parue en 2004.

De nombreuses personnalités du monde politique et artistique ont exprimé leur tristesse.

Le président mexicain Enrique Peña Nieto a exprimé ses condoléance au nom du Mexique en soulignant sur son compte Twitter que, « né en Colombie, il avait fait depuis des décennies de Mexico son foyer, enrichissant ainsi notre vie nationale ».

L’ex-président américain Bill Clinton a loué le « don unique d’imagination, de clarté de pensée et d’honnêteté émotionnelle » de celui qui fut son ami « pendant plus de 20 ans ».

L’auteur brésilien Paulo Coelho a salué l’écrivain qui « a brisé le mur entre la réalité et la fantaisie, ouvrant la voie à toute une génération d’écrivains sud-américains ».