Bonjour Shirel. Vous avez choisi de vous produire pour ce nouveau concert au café Bialik, pourquoi ? Pouvez-vous m’en dire plus sur ce lieu, sur le choix d’une ambiance plutôt intimiste ?

C’est une salle mythique en Israël, et où je me produis pour la troisième fois. Tous les plus grands artistes ont chanté dans cette salle qui est toute petite, c’est vrai, mais qui a un charme fou et une véritable histoire. Pour comparer avec Paris, c’est une scène dans l’esprit des « Deux Magots ».

Le Café Bialik est un lieu mythique de Tel-Aviv où artistes et philosophes aiment aussi se rencontrer.

Quant à moi, j’aime beaucoup l’intimité avec le public ; même dans des salles très grandes, il m’est arrivé parfois d’amener mes propres meubles pour me sentir chez moi et garder cette ambiance chaleureuse qui m’est chère quand je me produis.

L’idée d’un récital des plus grandes chansons françaises vous tenait à cœur ? Pourquoi ? Faire découvrir au public israélien les grands titres de la chanson française, mais aussi d’autres moins connus ?

L'affiche du concert de Shirel au Café Bialik (Crédits : Alon Shafransky)

L’affiche du concert de Shirel au Café Bialik (Crédits : Alon Shafransky)

Pour ce concert-là, on a fait des arrangements spéciaux avec mes musiciens [Rony Ivryn aux percussions et Neris Gonzales à la guitare, ndlr]. Toute une panoplie de chansons françaises, de Brel à Stromae, que les Israéliens connaissent et qu’on a la chance de pouvoir proposer au public durant toute une soirée.

C’est assez exceptionnel de passer de Serge Lama à Jacques Brel, Edith Piaf ou Stromae. Je vais interpréter des titres qui ont fait que la chanson française est aujourd’hui ce qu’elle est, c’est-à-dire connue dans le monde entier.

Il y aura des chansons anciennes mais aussi des titres plus récents, et ça me touche énormément de chanter ce répertoire-là.

C’est très riche en émotions pour moi car chaque chanson est un hymne, une véritable référence. Il faut donc s’atteler à la chanson et la travailler, pour pouvoir la sortir de soi ! Les Israéliens ont en plus, en général, une très bonne culture de la chanson française.

De Brel à Stromae, c’est un grand panel, qui va des icônes de la chanson française à des artistes très modernes et contemporains. Comment avez-vous choisi vos titres pour ce concert ? Qu’aviez-vous envie de privilégier ?

Ce sont mes chansons préférées, donc le choix des titres s’est fait naturellement. Ce sont celles que j’écoutais sur mes CD et que je chantais déjà jeune. J’en ai choisi une quinzaine et pour cette sélection j’ai demandé à des Israéliens leur avis car je voulais qu’ils connaissent les chansons que j’allais interpréter sur scène.

Qu’ils en découvrent une ou deux, certes, mais je voulais qu’ils viennent d’abord pour entendre des titres qui leur étaient familiers. Je ne voulais pas que ce récital soit seulement pour les Français. Je viens de chanter avec Enrico Macias, au Heichal Hatarbut, à Tel-Aviv, devant 5000 personnes.

C’était plein à craquer, et le public était extraordinaire parce qu’il connaissait tout par cœur ! Et pour la première date il y avait, au moins, 90 % d’Israéliens… Ça veut dire que le public d’ici a grandi avec les chansons de Macias, de Brel, d’Aznavour, de Brassens, de Dalida, ils sont familiers de tout ce répertoire-là. Ils connaissent aussi très bien les chansons de ma mère [Jeane Manson, ndlr], puisqu’elle a été classée en tête des hits-parades de l’époque au Moyen-Orient. C’est ce que je veux, toucher aussi les Israéliens.

Le concert au Café Bialik affiche complet. Allez-vous tourner en Israël avec ce récital ?

Oui, je vais tourner en Israël à partir du mois de septembre avec ce concert-là et c’est un grand plaisir. Pour cette date au Café Bialik à Tel-Aviv il faut réserver, car la dernière fois les deux précédents concerts avaient affichés complets.

Ça veut dire que les Francophones qui vivent ici ont un manque de culture française, et que les Israéliens, de leur coté, sont toujours heureux de redécouvrir les chansons de leur enfance dans la langue de Molière. Tout le monde s’y retrouve !

Quels sont vos prochains projets ? Un nouvel album en préparation, des nouvelles dates de concerts en perspective ?

Shirel (Crédit : Alon Shafransky)

Shirel (Crédit : Alon Shafransky)

Le 21 juin je chanterai à Ashdod, à l’occasion de la Fête de la Musique, et le 30 juin je donnerai un concert avec Amir pour fêter l’alyah française au Gan Sacher de Jérusalem, où sera organisé aussi un grand marathon.

C’est l’organisation Qualita, présidée par Marc Eisenberg, qui est à l’origine de l’événement. Évidemment, parmi les dates les plus importantes, il y a mon prochain concert « De Brel à Stromae » prévu le 15 juin ; mais je vais aussi me produire le 7 et le 8 juillet prochains au Centre Suzanne Dellal.

J’ai collaboré avec une compagnie de danse et de théâtre, appelée « Anamnese », pour créer un spectacle de danse moderne, avec du chant et du théâtre, qui sera joué à l’occasion du Festival de Danse qui se tiendra sur place au mois de juillet. Une tournée est également prévue en France après. Théâtre, chant, danse moderne : un mix très intéressant à découvrir.

Votre 5ème album, intitulé « Sept », en anglais et français, est sorti tout récemment en France. Quels retours avez-vous eu ?

L’album est sorti il y a deux mois environ. Je suis très contente car pour moi mes albums sont d’abord des naissances. On est obligé de sortir ce que l’on a à l’intérieur de soi. C’est comme une libération, obligatoire. L’album «Sept» correspond exactement à ce que j’avais envie de dire, de faire et de chanter. Il y a plusieurs titres qui sont bien passés à la radio et je viens de sortir par ailleurs un nouveau single. Faire de la musique, pour moi, c’est comme respirer. Quand la rencontre avec le public se fait, c’est formidable, et je le souhaite toujours, mais ce n’est pas le plus important. L’important, c’est de faire. De créer et d’avancer !