A peine un jeune sur deux (47%) a le sentiment d’avoir des connaissances plutôt ou très approfondies sur l’extermination des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale, selon une étude réalisée dans 31 pays dont les résultats ont été présentés à Paris mercredi.

L’enquête « Mémoires à venir » a été réalisée auprès de 31.172 jeunes âgés de 16 à 29 ans, dans 23 pays européens, mais aussi en Australie, au Canada, en Chine, aux Etats-Unis, en Inde, en Israël, au Japon et en Turquie, en amont du 70e anniversaire de la libération des camps nazis.

Au total, neuf adolescents ou jeunes adultes sur dix qualifient de « génocide » l’extermination des Juifs par les nazis, devant le massacre des Arméniens par l’Empire ottoman en 1915 (77%) et celui des Tutsis par le régime hutu en 1994 au Rwanda (76%).

Ce sondage montre cependant de fortes disparités de perception des événements selon les pays.

Si 88% des jeunes Israéliens affichent des connaissances approfondies de la Shoah, ils ne sont que 20% à faire de même au Japon.

La France, où une recrudescence de l’antisémitisme a augmenté l’émigration juive vers Israël depuis deux ans, est avec 49%, au-dessus de l’ensemble des pays pris dans leur globalité (47%), mais un peu en deçà de la moyenne de l’Union européenne (53%).

Les jeunes Français affirment en revanche à une très forte proportion (88%) que l’extermination des Juifs par les nazis constitue le fait le plus important de la Seconde Guerre mondiale, plus que les Etats-Unis (60%) ou l’Allemagne (73%).

Sans surprise, le Japon cite en premier lieu l’utilisation de la bombe atomique à Hiroshima et Nagasaki (81%), la Russie la prise de Berlin par les Soviétiques en 1945 (84%).

Enfin, 57% des jeunes du monde estiment qu’une Troisième Guerre mondiale est possible « dans les années qui viennent », une opinion qui va de 35 % au Japon à 86% en Ukraine.