Quand les missiles sont tombés sur Haïfa en 2006 pendant la seconde guerre du Liban avec le Hezbollah, les Israéliens se sont réfugiés dans des abris.

Mais certaines personnes n’ont pas pu se mettre en sécurité : les personnes âgées, les infirmes et plus particulièrement les personnes hospitalisées au nord d’Israël.

Ils n’ont pas eu d’autre choix que de se cacher et de prier pour que les missiles du Hezbollah ne les atteignent pas.

Pour empêcher qu’un tel scénario ne se reproduise, l’hôpital Rambam de Haïfa a dépensé plus de 100 millions de dollars et passé huit ans à construire le plus grand hôpital fortifié au monde.

Cette semaine, un exercice a été mené en simulant une situation dans laquelle il faudrait déménager des centaines de patients, dont les patients des soins intensifs, plus bas, à l’hôpital d’urgence souterrain fortifié Sammy Ofer.

Utilisé comme parking en temps normal, les véhicules étaient interdits de s’y garer pour la journée.

L’équipement, les lits et tout le matériel hospitalier, d’habitude cachés dans des placards dans les murs, ont été sortis.

Les câbles électriques, l’air conditionné, les chauffages, l’eau et les systèmes de filtration et tout ce dont l’hôpital a besoin, sont installés au sein des murs et des sols.

En prévention d’une urgence en raison de situation de guerre, la conversion du parking en hôpital peut prendre moins de 48 heures, selon des responsables de l’hôpital.

En cas de guerre, les conduits de ventilation et les entrées des deux premiers étages seraient fermés.

Une aération et un apport d’électricité et d’eau indépendants permettraient à l’hôpital d’être entièrement isolé de l’extérieur pendant une période allant jusqu’à 72 heures si nécessaire. L’hôpital a ses propres générateurs et sa propre source d’eau potable.

La construction a été un véritable défi technique et d’ingénierie, affirment les responsables de l’hôpital. Le complexe est si profond sous terre que la partie la plus basse est en dessous de la nappe phréatique ; il a fallu pomper des millions de litres d’eau.

Quand la construction a enfin commencé fin 2010, la première étape a été de verser 7 000 mètres cubes de béton pour créer les fondations.

Il a fallu utiliser l’ensemble de la réserve de béton du nord et du centre d’Israël de l’époque, rendant le béton indisponible aux autres projets pendant des jours.

Le complexe a été dédié à la mémoire de Sammy Ofer, le multimillionnaire israélien, mort en 2011, qui avait donné près de 20 millions de dollars pour la construction.

L’exercice a permis au personnel hospitalier de s’entraîner au transfert de patients (remplacés à l’occasion par de jeunes volontaires de l’armée), et de l’équipement vers les lieux prévus, à chaque étage de l’hôpital souterrain.

L’équipement comprend des machines complexes de dialyse et de l’équipement chirurgical pour pouvoir reconstituer les salles d’opération et les services de soins intensifs.

Le personnel recevrait l’aide du commandement de la Défense passive, du ministère de la Santé, de Magen David Adom et de la municipalité de Haïfa.