Un millier d’immigrés illégaux africains ont participé vendredi à une marche de protestation vers la frontière égyptienne dans le sud d’Israël pour dénoncer leur condition de vie dans un camp de rétention, a indiqué la radio publique.

La marche de ces manifestants originaires, pour la plupart d’Erythrée et du Soudan, a été stoppée à 300 mètres de la frontière égyptienne par des soldats israéliens, a ajouté la radio.

Selon un communiqué des manifestants, cette marche était destinée à protester contre leur détention « inhumaine et sans limite de temps » dans le camp de rétention de Holot où sont rassemblés 2.300 immigrés.

Les manifestants demandent à quitter Israël et au Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) ainsi qu’à la communauté internationale de les prendre en charge afin qu’ils puissent immigrer dans un pays tiers.

Les autorités israéliennes imposent aux immigrés illégaux présents depuis plus cinq ans en Israël de vivre dans le camp Holot. Selon les manifestants, ce que les autorités présentent comme une « installation ouverte » où les immigrés sont tenus de passer la nuit, mais qu’ils peuvent quitter pendant plusieurs heures durant la journée est « en fait une prison ».

Selon une loi votée le 10 décembre 2013, les immigrés clandestins peuvent être placés jusqu’à un an dans un centre de rétention sans procès.

En février le quotidien Haaretz avait révélé qu’Israël avait commencé à transférer des immigrés africains clandestins vers l’Ouganda avec l’autorisation de ce pays.

Selon le quotidien, des dizaines d’immigrants ont depuis accepté de quitter Israël et certains sont déjà partis pour l’Ouganda.

L’office israélien de la population et de l’immigration avait précisé qu’à la fin de 2013, 53 646 immigrants africains se trouvaient en Israël, dont 35 987 Érythréens, 13 249 Soudanais et 4 400 originaires d’autres pays.

Actuellement, la clôture électronique construite par Israël le long des 230 km de frontière avec l’Egypte a réduit pratiquement à néant le nombre d’entrées illégales à partir de la péninsule du Sinaï.

Des milliers d’immigrés africains ont manifesté l’an dernier contre le refus des autorités israéliennes de leur accorder le statut de réfugiés.