Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a déclaré dimanche que les pourparlers de réconciliation, soutenus par l’Egypte, entre l’Autorité palestinienne (AP) et le Hamas sont une « préparation » à un accord de paix israélo-palestinien.

« Les initiatives de l’Egypte pour aider nos frères palestiniens à entamer une nouvelle phase d’unité des rangs palestiniens sont une préparation à une paix juste entre les parties palestinienne et israélienne, avec la création d’un Etat palestinien indépendant pour répondre aux aspirations légitimes du peuple palestinien à une vie sure, stable et prospère », a déclaré Sissi lors d’une réunion de cabinet, selon un communiqué publié par son porte-parole officiel.

L’Egypte doit accueillir cette semaine des délégations des factions palestiniennes rivales du Fatah et du Hamas. Les deux parties continuent de négocier les termes d’un gouvernement d’unité qui verrait l’AP assumer le contrôle civil de l’enclave côtière.

Même si l’Egypte s’impose dans le dossier de la réconciliation entre le Fatah et le Hamas, le président de l’AP, Mahmoud Abbas, a été réticent dans son soutien, affirmant que n’importe quel accord d’unité devait conduire l’AP à assurer un « contrôle total » de la bande de Gaza, et que le groupe terroriste du Hamas devrait céder son arsenal militaire.

Le Hamas a pourtant été catégorique : il ne rendra pas ses armes.

Ismail Haniyeh, à gauche, dirigeant du Hamas, et le Premier ministre de l'Autorité palestinienne Rami Hamdallah dans le bureau de Haniyeh, à Gaza Ville, le 3 octobre 2017. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Ismail Haniyeh, à gauche, dirigeant du Hamas, et le Premier ministre de l’Autorité palestinienne Rami Hamdallah dans le bureau de Haniyeh, à Gaza Ville, le 3 octobre 2017. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Evoquant les efforts de réconciliation, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré la semaine dernière que n’importe quel futur gouvernement palestinien devait démanteler la branche armée de l’organisation terroriste, rompre tous liens avec l’Iran et reconnaître l’Etat d’Israël.

Depuis 2008, Israël a combattu trois guerres contre le Hamas.

Sissi, qui a rencontré Netanyahu le mois dernier en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, a souligné qu’il considérait que la réconciliation entre le Fatah et le Hamas pouvait ouvrir la voie à la paix au Moyen Orient.

« Le monde entier attend vos efforts pour parvenir à une réconciliation au sein du peuple palestinien, et apprécie votre détermination à surmonter tous les obstacles », a déclaré Sissi dans un discours pré-enregistré adressé aux deux grands mouvements palestiniens la semaine dernière.

Le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi devant la 72e Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 19 septembre 2017. (Crédit : Jewel Samad/AFP)

Le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi devant la 72e Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 19 septembre 2017. (Crédit : Jewel Samad/AFP)

Le mois dernier également, Sissi s’est quelque peu écarté des remarques préparées en arabe littéraire à l’Assemblée générale des Nations unies afin de s’adresser directement aux Israéliens et aux Palestiniens en dialecte arabe égyptien, déclarant qu’ils devraient profiter de cette opportunité qui « ne se répètera peut-être pas. »

Sissi a également appelé le président américain Donald Trump à saisir cette chance qui pourrait permettre « d’écrire une nouvelle page de l’histoire de l’humanité en établissant la paix dans cette région du monde. »

Le Fatah, le parti qui contrôle l’AP, et le groupe terroriste du Hamas sont à couteaux tirés depuis que le Hamas a violemment pris le contrôle de la bande de Gaza en 2007. Les deux groupes ont des administrations séparées. Les factions ont tenté, sans succès, de se réconcilier plusieurs fois dans le passé.