Le président Abdel Fattah al-Sissi a défendu mardi le bilan de l’Egypte en matière des droits de l’homme, reconnaissant des « violations » par la police mais les justifiant par « la situation exceptionnelle » du pays, régulièrement secoué par des attentats djihadistes.

Depuis qu’il a destitué l’islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, l’ex-chef de l’armée élu président en mai 2014 est accusé par ses détracteurs d’avoir instauré un régime autoritaire en éliminant tout opposition, islamiste comme laïque.

« Personne n’est contre les droits de l’Homme » mais « je veux dire que l’Egypte vit une situation exceptionnelle, » a déclaré Sissi, à l’occasion de la fête de la police, quelques jours avant le quatrième anniversaire de la révolte populaire de 2011 qui chassa Hosni Moubarak du pouvoir.

« Et je dis également aux policiers : se peut-il qu’il n’y ait pas de violations ? Il y aura des violations. Mais approuvons-nous ces violations ? Non. Les acceptons-nous? Non, » a-t-il ajouté.

Les abus de la police étaient l’une des causes de la révolte de 2011. Les manifestants avaient d’ailleurs choisi le jour de la fête de la police, le 25 janvier, pour descendre dans les rues.

Sissi a également défendu les opérations des forces de sécurité dans le nord du Sinaï, théâtre d’attaques principalement revendiquées par des groupes qui disent agir en représailles à la répression qui s’est abattue sur les pro-Morsi.

Le chef de l’Etat a assuré qu’en plus d’un an, 208 personnes avaient été tuées, pour avoir « levé une arme face à la police ou à l’armée ».

Il a précisé que 955 personnes avaient été arrêtées, mais « plus de la moitié » avaient par la suite été relâchées. « Je donne ces chiffres car ils indiquent que (…) nous faisons attention à ce que des innocents ne tombent pas, » a souligné Sissi.

Au moins 1 400 pro-Morsi ont été tués, pour la plupart des manifestants islamistes, dans la répression lancée par les autorités après l’éviction de Morsi. Plus de 15 000 de ses sympathisants ont été emprisonnés et des centaines condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs.

Le pouvoir s’en est également pris à l’opposition laïque et de gauche, emprisonnant des dizaines de jeunes militants pour avoir enfreint une loi controversée limitant le droit de manifester.