Les dirigeants du Hamas ont passé le week-end au Caire, avertissant qu’ils allaient quitter les pourparlers de cessez-le-feu si Israël n’acceptait pas leurs demandes. Maintes et maintes fois nous les avons entendus menacer mais cela n’a pas vraiment d’effet…

La délégation israélienne n’est pas au Caire et il est difficile de voir pourquoi elle le serait.

Pour le moment les tirs de roquettes depuis Gaza se poursuivent et Israël a fait savoir qu’il ne négociera pas sous le feu des roquettes. Les exigences du Hamas sont loin, très loin de la position israélienne – qui parle d’un certain assouplissement des restrictions aux passages frontaliers, mais certainement pas de création d’un port de Gaza ou d’un aéroport à moins que la bande soit démilitarisée.

Tout en émettant des menaces depuis qu’il a mis fin à la trêve, vendredi matin, le Hamas a aussi, par ses actions, indiqué qu’il ne cherchait pas une nouvelle escalade dramatique du conflit. Ses tirs sur Israël ont été relativement limités. C’est-à-dire, moins de roquettes qu’au plus fort des combats, et des salves qui se sont concentrées sur l’enveloppe de Gaza. Une seule fois, vendredi, y a-t-il eu des tirs sur Beersheva. Aussi, n’est-ce pas vraiment le Hamas qui a tiré. Hamas a permis au Jihad islamique et aux comités de résistance populaire de tirer, mais il n’a pas réellement participé lui-même.

Pour sa part, l’armée n’y va pas à la manière forte, non plus, dans sa réponse au goutte-à-goutte aux tirs de roquettes sur le Sud. Il n’y a plus aucune activité de la force terrestre, et les frappes aériennes sont davantage mises en évidence – axées sur les cellules de lancement de missiles et sur ​​les cachettes où le Hamas stocke ses roquettes, comme la mosquée de Nuseirat qui a été touchée samedi.

Israël et l’Egypte sont déterminés conjointement à ne pas donner au Hamas ce qu’il veut. Il y a une volonté israélienne d’alléger les restrictions aux frontières et d’étendre les droits de pêche au large de la côte de Gaza, mais rien de plus. De même pour le Caire, qui a fait comprendre au Hamas qu’il peut oublier son port ou son aéroport à moins que la bande de Gaza ne soit démilitarisée.

Pour l’instant, au moins, le Hamas veut être vu comme refusant de capituler. D’où sa décision de tirer ou permettre à d’autres de tirer – une poignée de roquettes et de maintenir simultanément les négociations. Il a accepté ces 72 heures de trêve, mais une partie de la population de Gaza ne comprenait pas que les tirs soient arrêtés sans rien obtenir en retour. Il sait qu’Israël n’a pas l’intention de le détruire ; donc sa tentative de diriger vers une sorte de guerre d’usure dans laquelle on tire, mais on ne tire pas trop.

Face à cela, le Hamas espère qu’Israël n’imposera pas un prix trop élevé à la population civile de Gaza – dont la situation s’aggrave d’heure en heure – et n’optera finalement pas pour faire tomber son régime. Dans le même temps, le Hamas espère qu’il y aura suffisamment de pression sur Jérusalem, de la part de l’opinion publique israélienne et de la communauté internationale, à faire des compromis – au moins pour donner au Hamas une sorte de gain qui lui permettrait de sortir du trou, dans lequel il s’est mis lui-même.