La peur d’un extrémisme islamiste grandit dans les pays majoritairement musulmans du Proche-Orient jusqu’en Asie du Sud, selon un sondage publié mardi aux Etats-Unis.

Cette crainte s’est développée depuis un an, du fait de la guerre en Syrie qui continue de faire rage et à laquelle participent des mouvements islamistes, et des attaques meurtrières du mouvement nigérian Boko Haram, relève l’institut américain Pew qui a interrogé plus de 14 200 personnes dans 14 pays musulmans.

Les mouvements islamistes comme Al-Qaïda, le Hezbollah, Boko Haram ou le Hamas, perdent aussi des soutiens.

Et le nombre de personnes favorables aux attentats suicide contre des civils a considérablement diminué ces dix dernières années.

Le sondage a été réalisé du 10 avril au 25 mai, soit avant l’offensive fulgurante lancée le 9 juin de l’Etat islamique en Irak et en Levant (EIIL), qui se fait appeler Etat islamique (EI), dans le nord et le centre de l’Irak.

Au Liban, frontalier de la Syrie, 92 % des personnes interrogées disent avoir peur de la montée de l’extrémisme islamiste, un chiffre en hausse de 11 points par rapport à 2013, réparti à quasi égalité entre communautés chiites, sunnites, et chrétiennes du pays.

L’inquiétude grandit aussi en Jordanie et en Turquie, deux pays également frontaliers de la Syrie, qui accueillent des milliers de réfugiés depuis le début du conflit en mars 2011.

Quelque 62% des Jordaniens expriment leur inquiétude à propos de l’extrémisme islamiste, en hausse de 13 points par rapport à 2012. En Turquie, 50 % partagent cette crainte, un chiffre en hausse de 18 points par rapport à 2012.

« En Asie, de fortes majorités au Bangladesh (69 %), au Pakistan (66 %) et en Malaisie (63 %) s’inquiètent de l’extrémisme islamiste », selon Pew.

Ce chiffre est cependant beaucoup moins élevé en Indonésie, un des pays musulmans les plus peuplés, avec 40 % des habitants qui sont inquiets.

Une majorité de Nigérians (79 %) disent leur opposition à Boko Haram, qui a enlevé en avril quelque 200 jeunes filles, tandis que 59 % des Pakistanais affirment détester les talibans.

53 % de Palestiniens ont une opinion défavorable du Hamas, qu’Israël tient pour responsable de l’enlèvement et du meurtre de trois adolescents. Ce chiffre atteint 63 % dans la bande de Gaza.

46 % des Palestiniens considèrent les attentats suicide comme justifiés contre des civils, contre 70 % en 2007.